LIVRE PREMIER
des prêts du xnoDt-de-piéié de Paris était de trois poor cent par mois ' . Quand le coup d'État du 1 8 fructidor eut détruit le peu de repos et de confiance qui avait suivi rétabUssement de la Constitution de Tan III^ les escomptes du bon papier de Paris s'élevèrent, sur la place même, à cinq pour cent par mois ^.
Il s'était formé à l'hôtel Massiac^ place des Victoires, une nouvelle caisse d'escompte, après le 9 thermidor. Cette caisse âaa^tait des billets «le banque. U y avait eiMX>re une caisse du commerce, qui s'appelait aussi caisse des compta coorante, formée, aifisi que le titre l'indique, par divers dépôts que les négociants y avaient opérés'. Ces deux établissements de crédit ne disaient que des opérations fort restreintes; mais ils suffisaient amplemeirt ii tout oe qu'avait laissé de commerce une époque où le marchand était placé entre la loi sur le maœimumj qui prenait sa bourse, et la loi sur les accaparements, qui prenait sa vie.
Une réunion des délégués du commerce français, provoquée par une circulaire du ministre Ramel, amena des conférences qui eurent lieu à Paris , au commencement de décembre 1796*. Le gouvernement déclama, selon son habitude, et dit aux délégués, dans un discours pompeux, qu'ils étaient pla-
* Sir Francis d'ivernoy, Tableau des pertes, etc., t. I, p. 251. 2 Du 4« fructidor, de ses causes et de ses effets y p. 205.
* Sir Francis dlvernoy, Tableau di s pertes, etc., p- 252.
* Moniteur du 24 novembre et du 16 décembre 1796.
12 HISTOIRE DU DIRBCTOIRB.
ces au centre des communications des deux mondes. Ces négociants, ruinés par la terreur, rabattirent tristement les grandes phrases du ministre. « Les effets de l'anarchie, dirent-ils, pèsent en entier sur le commerce; il se traîne sur ses ruines. Ses capitaux sont dissipés ou enfouis ; ses ateliers sont fermés.; ses relations sont nulles ' . » ,
Voilà ce que la Convention avait fait du commerce intérieur de la France. Quant au commerce extérieur, la guerre universelle Tavait anéanti. Pas un seul navire français ne passa le Sund en 4796, tandis que les registres constataient Feutrée de 4,455 navires anglais dans le détroit, un cinquième de plus qu'en 4790*. La révolution, qui appauvrissait la France, enrichissait les étrangers.
Nous n'avons rien dit de la misère des grandes municipalités de la République, et pourtant on n'en avait jamais vu dépareille. Un rapport du député Labrouste constatait que la ville de Bordeaux n'avait pas de quoi faire allumer ses réverbères. Un document horrible, récemment découvert dans les archives de cette ville, établit qu'elle n'avait pas été en état de payer, le 26 septembre i 794, une somme de soixantedouze livres , pour prix de trente barriques d'eau ,
* Sir Francis d'Ivemoy, Tableau des pertes causées par li révolutioriy t. n, p. 8.
2 Ibid.