‹ Histoire du directoireChapitre 68 sur 241 · LIVRE DOUZIÈME. m · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. m

se montrer ce qu'ils étaient réellement, des persécuteurs fanatiques et féroces.

Le peuple reçut donc à la fois ce double exemple des philosophes , de mépriser la religion et de la persécuter.

Ce fut sous le ministère des girondins, et par le décret du 24 mai <792, que commença la persécution philosophique contre les prêtres fidèles à leurs croyances. On les condamna à la déportation, qui était ane peine afïlictiye et infamante. Tous les genres de désordre prirent d'ailleurs naissance, ainsi que la persécution, sous le règne pourtant si court de la Gironde. L'appellation de sans-culotte et le bonnet rouge parurent au commencement de mars \ 792 ; la guillotine fut définitivement adoptée le 20 mars, et fonctionna pour la première fois le 25 avril *; les arbres de la liberté furent inaugurés le 20 juin *; et les qualifications de citoyen et de citoyenne remplacèrent celles de monsieur y de madame et de mademoiselle^ le 21 août, en vertu d'un arrêté de la Commune de Paris ^. Les démagogues n'eurent à inventer que le

* Prudhomme, Révolutions de Parts, t. ii, p. 534.

2 Voir le rapport du docteur Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie, sur les perfectionnements apportés à la guillotine. Moniteur du 22 mars 4792.

3 Les arbres de la liberté furent d'abord appelés mai de la liberté. Voir, dans les Mémoires de Ferrières, t. m, p. 427, la déposition de Lareynie, sur Témeute du 30 juin 4792.

* Procès-verbaux de la Commune de Paris, p. 222.

tutoiement, dont l'établissement fut demandé à la Convention par les sociétés populaires de Paris, le 31 octobre 1793 \

LéS sociétés populaires de Paris ^ et surtout la Ck>mmune, dont rinfluence sur les affaires publiques fut^ pendant toute la révolution, aussi funeste qu'irrésistible, furent les instruments employés par les philosophes dé bas étage à Tanéantissetilent de là religion. Le premier qui entreprit celle oôUvre ouvertement et qui la réalisa, ce fut Chaamette, qui avait remplacé Manuel dans les fonctions de t)rocureur.

Il fit rendre d*abord par le Conseil général de la Commune, le 14 octobre 1793, Un arrêté qui inter-

^ Voici la raison, passablement burlesque, qui décida la Convea- Uon â inviter tes citoyens à 86 tutoyer i

« Les principes de notre laAgae doivent nous être ai»si ohers que les lois de notre République. Nous distinguons trm personnes pour le singulier et trois jwur le pluriel ; et, au mépris de cfETTB hèglb, Tesprlt de fanatisme, d^orgueil et de féodalité noiis a fait contracter rbabitude de nous servir de la seconde personne du pluriel quand nous parlons à un seul, beaucoup de maux résultent encore db CET ABUS. Il oppose uno barrière à Tintelligehce des sans-culottes ;^ il entretient la morgue des perverse! Tadulation.

» Je demande, au nom des sociétés populaires de Paris, un décret portant que tous les républicains français seront tenus, à Taycnir, pour se conformer aux principes de leur latigue, en ce (}ui concerne la distinction du singulier au pluriel, de tutoyer sans distinction

ceux ou celles à qui Ils parleront en seul à peine d'être déclarés

suspects. »

Cette demande des sociétés populaires fdt seulement insérée au Bulletin. Bazire renouvela, le 41 novembre il93, la thotion d'ordonner le tutoiement par un décret ; mais la Convention se borna à le conseiller. — Voyez le Moniteur du 2 novembre 4793, séance des Jacobins du 34 octobre; et le ^ontfeur du 43 novembre, séance de la Convention du 44.

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