‹ Histoire du directoireChapitre 69 sur 241 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

disait l'exercice extérieur du culte ^ Dëyà le costume clérical avait été proscrit par un décret de la Convenu tion, du 13 août 179S. Puis Ghaumette organisa^ à l'aide des sociétés populaires^ un système général de terreur, pour amener les prêtres qui avaient déjà prôté serment à la Constitution civile, à une complète et publique abjuration* Ces âmes timorées , déjà démo^ ralisées par l'effet d'une première apostasie, ne reculèrent pas devant une seconde. Pendant tout le mois de novembre, le conseil général de la Commune offrit le hideux spectacle de prêtres constitutionnels, de ministres protestants et de rabbins, venant abjurer leur caractère en présence des tricoteuses des tri<^ bunes; ajoutant à la honte de leur rétractation, la honte plus grande eticore de déclarer que les fonctions du sacerdoce avaient été pour eux jusqu'alors l'objet d'une comédie et d'un trafic ignobles *•

Le malheureux Gobel, évêque constitutionnel de Paris ^ avait donné l'exemple de ces lâches aposta^ sies. Il s'était laissé traîner, le 6 novembre, à la tribune delà Convention, par Chaumette, Momoro et

< Moniteur du 46 oclobrs 4798.

s On lit dans les proete-veitaok dé conseil général de la Gom-^ ffhuna de Parie « à la date du 7 novembre 479S, Tarrété suiteni: k Le cottteii général arrête qu'il eera ouvert un registre sur lequel on inscrira les déclarations des citoyens qui voudront se âéprétri9tr. Ce registre aéra ouvert aux ministres de tous les cultes.

» Le présent arrêté sera affiché. » — Mmiléw du 9 novembre 4 793.

On lit dans le procès^verbal du 8 : « Plusieurs pitres déposent leurs titres sacerdotaux pour être livrés aux flammes. Ils déclarent qu'ils abjurent solennellement Terreur où iU entrotenuient le peuple. » — • MtmiiiHr du 40 novembre.

Julien de Toulouse; et là, coiffé du bonnet rouge, il avait renoncé, avec ses grands vicaires, à ses fonctions épiscopales , en déclarant qu'il ne devait plus y avoir désormais d'autre culte que celui de la liberté et de Tégalité ^

Poursuivant toujours son œuvre ^ le conseil de la Commune décrétait les mesures les plus insensées; et^ le 12 novembre, il en prenait trois, que le délire de celte époque suffit à peine à* expliquer. Par la première, il faisait détruire les saints de pierre qui décoraient le portail de la cathédrale; par la secondOi il ôtait la statue de la Vierge d'une niche de la rue aux Ours, afin de la remplacer par le buste de Marat * ; par la troisième, qui couronnait les deux autres, il ordonnait la démolition des clochers, parce qu'en s' élevant au-dessus des autres édifices, ils violaient le principe de l'égalité *.

On comprend que de tels exemples, donnés par le clergé constitutionnel et par les administrateurs de la

* Moniteur du 9 novembre 4793.

3 Le conseil de la Commune arrête que « la Vierge de la rue aux Ours sera remplacée par le buste de Marat, et les roi« de France seront délogés du portail Notre-Dame et mis en pièces. » — Prudhomme, Révolutions de Paris, t. XVII, p. h 24. — Notez que ces prétendus rots de France étaient des personnages de l'Ancien et du Nouveau-Testament.

3 De pareilles extravagances ont besoin d'un témoignage irrécusable ; voici celui du Moniteur : a Sur la proposition d'un membre, le conseil arrête que le Département sera invité à faire abattre les clochers , qui, par leur domination sur les autres édifices, semblent contrarier les principes de Végalité. » — Moniteur du 4 i novem^ bre 4793, procès-verbal du conseil général de la Commune de Paris.

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