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LIVRE DOUZIÈME

ville de Paris y devaient avoir les plus funestes effets sur l'esprit d'une population égarée. Des portefaix habillés en évéques se présentèrent j la mitre en tête et la crosse à la main^ devant la Convention, le 20 novembre 1793^ et dansèrent sur Tair du Ça ira et de la Carmagnole^ après avoir livré les habits sacerdotaux, les bannières des églises et la châsse de sainte- Geneviève aux huées de la populace \ Le scandale fut porté si loin, que Danton, indigné, en demanda la suppression ^. A la suite de ces mascarades indi-

1 a La section de TUnité défile dans la salle. A sa tète marche un peloton de force armée. Ensuite viennent les tambours, suivis de m- ^wrs et de canonniers revêtus d'habits sacerdotauXy et d'un groupe de femmes habillées en blanc, avec une ceinture aux trois couleurs. Après elles vient une file immense d'hommes rangés sur deux lignes, et couverts de dalmatiques^ chasubles, chapes. Ces habits sont tous de la ci-devant église de Saint-Germain-des-Prés. Remarquables par leur richessse, ils sont de velours et d'autres étoffés précieuses, rehaussés de magnifiques broderies d'or et d'argent. On apporte ensuite sur des brancards des calices, des ciboires, des soleils, des chandeliers, des plats d'or et d'argent, une châsse superbe, et mille autres ustensiles des pratiques superstitieuses. Ce cortège entre dans la salle aux acclamations des spectateurs,* aux cris de Vivent la liberté^ la république, la Montagne t

» Aux fanfares des instruments guerriers, un drap noir, porté au bruit de l'air Malbrouck est mort et enterré, figure la destruction du fanatisme. La musique exécute ensuite Vhymne révolutionnaire. On voit tous les citoyens revêtus d*habits sacerdotaux DANSER au bruit de l'air de Ça ira, la Carmagnole, Veillons au salut de Vempire!

» L'enthousiasme universel se manifeste par des acclamations prolongées. » — Moniteur du 21 novembre 4793 , séance de la Convention du 20.

2 « Je demande, dit-il, qu'il n'y ait plus de mascarades antireligieuses dans le sein de la Convention , que les individus qui voudront déposer sur l'autel de la patrie les dépouilles des églises ne s'en fassent plus un jeu ni un trophée. » — Moniteur du 28 novembre 4793.

48i HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

goes , des dâpnUilions de quinze ou vingt sections allèrent à la Commune déclarer qu'elles renonçaient déaormais aux croyanoei chrétiennes. De ce nombre étaient les sections des Invalides , de la Fraternité , des Marchés, de Mon treuil, de T Arsenal , des Piques, de Mueius*Seœvola, de 6uillaume«-ïell, dQ THomme* Armé, des Gravilliers, des Lombards, des Quinze* Vingts , de Beaurepairq, de Bonne-Nouvelle et de la Maison-Commune ^

Là section de THomme-Armé, qui était pourtant ri la hauteur 9 comme oa disait alors, réclama timidement, au nom de la piété des femilles, contre raban** dou scandaleux avec lequel lea morts étaient déposés, sans auoune cérémonie, dans les cimetières ^. Chaumetto répondit à ce vœu en provoquant un arrêté de la Commune, en date du 21 uovembre, qui ordonnait que les morts seraient inhumés avec un drap mortuaire tricolore^ et qu'il serait porté devant la bière une eêfèce de jaUm^ sur lequel seraient écrits ees mots : U homme juste ne meurt jamais ^ il vit dans la mémoire de ses concitoyens^] Etrange consolation pour le pauvre ouvrier des villes, qui meurt inconnu des habitants de sa propre maison !

Quand le peuple de Paris fut descendu jusque-là, Chaumette le crut assez abruti pour lui faire adopter le culte de la Raison.

* Voir les procèâ*verbaui du conseil de la Commune des 9, 42, 45, 46, 47 novembre 4793. ^ Prudhomme, Révolutions de PariSy t. XVII, p. 234, «74, 375.

? Moniteur du 47 novembre 4793.

3 Moniteur du 23 novembre 1793.

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