‹ Histoire du directoireChapitre 73 sur 241 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

dans la carrière de la révolution viendraient-ils chercher, au milieu de tous ces événements, les moyens d'usurper une fausse popularité j d'entraîner les patriotes mêmes à de fausses mesures, et de jeter parmi nous le trouble et la discorde? De quel droit viendraient-ils troubler la liberté des cultes au nom de la liberté , et attaquer le fanatisme par un fanatisme nouveau ? De quel droit feraient-ils dégénérer les hommages solennels rendus à la vérité pure, en des farces éternelles et ridicules ? Pourquoi leur permet-trait-on de se jouer ainsi de la dignité du peuple, et d'attacher les grelots de la folie au sceptre même de la philosophie ' ? ?>

C'était assurément une étrange façon d'entendre la liberté , que de ne pas vouloir permettre à Chaumette d'attacher les grelots de la folie au sceptre de la philosophie. L'inquisition , contre laquelle les philosophes avaient tant déclamé , aurait permis au procureur de la Commune de se passer cette fantaisie, pour laquelle Robespierre le guillotina ; mais il faut ajouter qu'au crime de rendre la philosophie ridicule, Chaumette avait ajouté celui de prétendre à plus de choses, qu'il ne convenait aux desseins du maître de le souffrir.

Pour relever, dans l'esprit de l'Europe, le carac* tère de la France, qu'avaient abaissé les orgies de la Commune, Robespierre fit décréter par la Conven-

* Moniteur du 26 novembre 4793.

4M HISTOIRE DU DIRBCTOIRE.

tiotty le 5 décembre 1793 , une sorte de manifeste apologétique de la liberté religieuse*

tt Peupies, disait-il, yob maîtres voos d^eot que la nation française a proscrit tontes tes religîooM ; qu'elle a substitué le culte de ({uelques hommes à celui de la divinité. Ils nous peignent à vos yeux comme un peuple idolâtre ou insensé. Ils mentent. Le peuple français et ses représentants respectent la liberté de tous les cultes, et n'en proscrivent aucun. Ils honorent la v^u des martyrs de l'humanité, sans engouement et sans idolâtrie; ils abhorrent l'intolérance et la persécution, de quelque prétexte qu'elles se couvrent. Ils condamnent les extravagances du philosophtsme^ comme les folies de la superstition, et comme les crimes du fanatisme ^ »

Pour rallier au gouvernement, dont il convoitait l'absolue direction, l'esprit des populations rurales, scandalisées par l'athéisme gn^sier des sociétés populaires, Robespierre proposa et fit accepter, le 6 décembre , à la Convention , un décret qui défendait çc toutes violences ou menaces contraires à la lib^ié des cultes, » sans toutefois déroger aux lois répres-sives rendues contre les prêtres réfractaires *.

Enfin, pour arrêter l'ardeur inconsidérée du pro-^ euranr de la Commune et de ses apôtres, il les mi« voya, comme nous avons dit^ à l'échafoud.

"^Moniteur du 7 décembre 1793.

' Moniteur du 7 octobre 1793.

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