‹ Histoire du directoireChapitre 81 sur 241 · LIVRE ONZIÈME. 4M · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME. 4M

d'abord trois régicides, Merlin (de Douai) pour la justice, Charles Delacroix pour les affaires étrangères, et Gaudin pour les finances. Bénézech eut F intérieur, Aubert-Dubayet la guerre, et Truguet la marine.

Si Ton jette un coup d'œil sur le côté financier de ce gouvernement, on trouve qu'il était réduit à des limites en définitive assez modérées, car voici ce qu'il coûtait :

Cinq Directeurs, à 1 50,000 fr. . . 750,000 fr.

Un secrétaire général du Directoire 25,000

Cinq secrétaires des Directeurs, à

10,000 fr. 50,000

Meubles , chauffage , éclairage ,

linge, chevaux et voitures. . . 750,000

Deux cent cinquante membres du

Conseil des Anciens, à 33 fr. . 3, OU ,250

Cinq cents membres du Conseil

des Cinq-Cents, à 28 fr. . . . 5,111,000

Sept ministres à 40,000 fr. . . . 280,000

Sept secrétaires généraux , à

15,000 fr 105,000

Total 1 0,082,250 f.'.

Ce n'eût véritablement pas été cher, si le Directoire n'avait pas éminemment réalisé ce mot du journaliste Carra : Aux Mérovingiens, aux Carlovingiens

^ Prudhomme, Histoire impartiale des révoîutionSy t. Il, p. 24 .

et aox Capétiens, ont aucoédé les Intrigants, qui sont las rois de la quatrième race!

yi,

Ce fut le matin du 4 novembre que le Pireotoire, o^nplété parla nomination de Camot, s'installa au Petit- Luipembourg. Les einq nouveaux rois de la F ranœ étaient dans une grande pièce nue, délabrée, sans rideaux^ avec une méchante taWe et q[uçl(jue§ chaires boiteuses, restes chétifs d'une splendeur déchue, pur lesquels étaient encore les empreintes de la main crochue de la Commune du 1 0 août.

Sur la table sans tapis était un cahier dç papier à lettres, avec quelques plumes de ha3ard^ et, pour écritoire ^ un cornet de procureur. Il faisait froid ; et cinq ou six biches, empruntées au concierge, échauffaient lentemeut et à grand'peine CQtte enceinte abandonnée. Les Directeurs négociaient avoc quelques domestiques, qui ^e piontraieut, au dire de Camot, fort peu empressés d'occuper une place do^t la durée et la finance semblaient également problématiques.

Cependant, quelque pauvres, faibles et dénués qu'ils fussent, ces cinq hommes portaient en eux une puissance immense, et qu'ils ne soupçonnaient pas eux-mêmes. Ils étaient le premier jgouyernenient Ubrp et régulier qui çût existé depuis *ix années } et, après les déclamations incendiaires de la Constituante , les conspirations sournoises de la Législative, et la ty-

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