PROJETS DE DÉFENSE CONTRE LE DIRECTOIRE
Kléber était dans la disgrâce du Directoire, et Rewbell , qui craii^nait et liaïssait tous les généraux, avait pour lui une aversion ])articnlière. 11 vivait retiré à Chaillot; selon son habitude, il ne cachait pas son mécontentement et ne ménageait pas le Directoire dans ses spirituelles et cyniques conversations. 11 sut qu on pensait à lui pour le commandement de la garde du Corps législatif, et désira s'en expliquer avec le général Dumas.
— (( Avez-vous quelque moyen de r-(3sistance ? lui dit-il.
— Aucun, qui puisse donner à riionune le plus téméraire la moindre espérance de succès.
— Si vous étiez seulement siir de votre garde, et si vous aviez quelques bataillons de garde nationale aussi bien disposés qu'au 13 vendémiaire, Augereau et sa division ne m'embarrasseraient pas. Le commandant de Tartillerie m'est tout dévoué, et quand l'afYaire serait une fois engagée, il passerait de mon cùté. » — La franchise du général Dumas ne permettait pas de [)ousser plus loin cet entretien.
11 eut, quelques jours a|)rès, à l'ejeter une offre (ju'il lie pouvait hoiiorabh'inent accepter. Le colonel Raffet , ce commandant du bataillon de la butte des Moulins, déjà si connu ])ar son courage dans les plus terribles circonstances de la Révolution, vint le trouver et lui demanda de descendre dans le jardin des Tuileries pour écouter une communication importante. Us se promenaient, à la nuit tombante, au bas de la terrasse de Teau, sous les grands arlires.
— « Vous n'avez ([ue j)eu de moments, dit Raffet, vous ne doutez pas de l'attentat qui va être consommé. Voulez-vous vous débarrasser cette nuit de Rewbell et