PROJETS DE DÉFENSE COÎSTRE LE DIRECTOIRE
de Barras? Je les ferai tuer , mais à condition que demain matin vous déclarerez à la tribune que c'est vous qui, pour sauver la République, avez commandé cette attaque. Donnez-m'en votre parole d'bonneur.
— Ce ne serait pas une attaque, répondit Dumas, mais un assassinat. Toutefois supposons que la guerre civile soit commencée : quels moyens auriez-vous d'attaquer le Luxembourg?
— J'ai à ma disposition cent liommes aussi résolus que moi ; et nous courrons même peu de danger. Le poste qui garde la porte du Luxembourg n'est que de vingt-cinq bommes. Les arcades qui donnent sur la rue de To (union ne sont fermées ni de barreaux ni de grilles ; la moitié des nôtres pénétrera par là dans la cour. Nous prendrons ainsi la garde à revers; elle ne pourra se replier sur le palais. Rewbell loge au rez-decbaussée; Barras dans l'aile gaucbe. Avant que Talerte soit donnée au petit Luxembourg , ce sera fini avec Rewbell et Barras.
— a Dieu me préserve d'autoriser un assassinat, ni même de le laisser commettre. Votre projet est insensé; il vous est im])ossible, dans la circonstance actuelle, de réunir cent hommes décidés à tenter une pareille entreprise.
— Puisque vous en doutez, répliqua Raffet, dites seulement un peu haut le mot d'ordre : « famille. » A l'instant un groupe de jeunes gens qui se tenaient cachés parmi les arbres entoura les deux interlocuteurs comme pour demander les ordres de Raffet.
Le général Dumas persista dans son refus. Longtemps après il racontait cette scène à l'empereur Napoléon qui lui dit : — « Vous fûtes un imbécile ; vous n'entendez rien aux révolutions. »