LES NAUFRAGÉS DE CALAIS
avoir servi dans les armées coalisées , venait de s'engager dans Tarmée anglaise de l'Inde. M, de Clioiseul, M. Thibaut de Montmorency , M. de Vibraye étaient au nombre des naufragés.
Les marins de la côte s'étaient employés à les sauver; les habitants de Calais s'empressaient autour d'eux; apprenant quelle était leur position, ils les assuraient qu'ils n'avaient rien à craindre. Les généraux et les officiers de la garnison leur montraient les plus grands égards. Le Directoire était installé depuis quelques jours seulement; il ordonna que les naufragés seraient traduits devant une commission militaire, comme «émigrés pris les armes à la main. »
Le gouvernement anglais envoya un parlementaire et deux commissaires pour les réclamer comme appartenant à l'armée anglaise. Le Directoire ne voulut reconnaître comme prisonniers de guerre que les Allemands et Hanovriens qui se trouvaient parmi les naufragés.
Sur les représentations de l'accusateur public de Saint-Omer, le ministre de la justice consentit à ce que l'accusation considérât les émigrés, non pas comme pris les armes à la main, mais comme rentrés en France; cette concession lui coûtait peu : la peine était la même. Voyant le tribunal dans une disposition d'humanité et d'équité, le Directoire revint à sa première décision. Ils furent traduits devant une commission militaire à Saint-Omer. Le général Landremont, qui commandait la division, était un fort honnête homme; il avait connu le duc de Clioiseul et, dès le premier moment, il avait témoigné de l'intérêt aux naufragés; il influa sur la composition et sur l'esprit de la commission militaire. Le ministre de la justice lui écrivit pour redresser son opinion ; plus tard, il fut destitué.