M)\ RAPPORT DI-: BOULAY
l'aieiil (H6 portés; mais la saiiosse vX Tactivité du Dil'cctoire uni tout drjoué. ^
Cet exposé avait du uioiiis le uiérite de la franchise , on aurait pu dire de hi uaheté. Le Directoire demandait le despotisme et les révolutionnaires voulaient le lui donner, parce qu'ils avaient action sur lui.
— « Dans cette situation, continuait le rapporteur, il faut une irrande et vis-oureuse mesure: nous sommes dans un état de guerre ; nous sommes sur le champ de bataille.
a D'un coté sont les ennemis de la liberté, de la République et du peuple; de l'autre côté, ses amis. Là sont les agents de la conspiration ; ici la majorité du Corps législatif et du Directoire. Il n'y a pas de temps à perdre ; il faut sauver la cliose publique et mettre ses ennemis dans l'impuissance de nuire : il faut les désarmer et les éloigner à jamais de cette Ré- ])ublique qui leur est odieuse et dont ils avaient juré la perte.
« Proclamons d'abord , pour rassurer tous les esprits, (pie le triomphe républicain ne sera souillé d'aucune goutte de sang. Alalheur à celui qui songerait à rétablir les échafauds. Les personiies, les propriétés sei'ont respectées. Il n'est pas qiieslion de vengeance, mais de salut j)ublic. Nous voulons terminer la guerre intestine, rem[)écher de devenir sanglante. La France allait devenir une vaste Vendée; Inenlot elle n'aurait ofVc;rl (ju'un tas de cadavres et de ruines : c'est ce qu'il faut empêcher. Le seul moyen était de saisir les conspirat(;urs au moment où ils allaient éclater. Ils sont, ou seront arrêtés. Que faut-il en l'aire? 11 faut les éloigner du Coi'ps législatif et de toute autorité constituée. iAHw (jui paraissent les plus dangereux, il faut les dé-
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porter. » — Alors le rapporteur arrivait à la grande idée de Siéyès, idée que Saint-Jiist avait déjà ])roduite à la Convention, mais à laquelle il donnait la guillotine pour préface, ce qui était, on doit en convenir, une iirande différence. La nouvelle école révolutionnair(^ chercliait du moins à se couvrir hypocritement d'un semblant de respect pour l'humanité.
— (c La déportation sera désormais le seul moyen de salut public : c'est la peine que doivent subir tous les ennemis irréconciliables de la République. Cette mesure est commandée par la politique, autorisée par la justice, avouée par l'humanité. Un lieu sera déterminé, où l'on transportera tous ceux dont les préjugés, les prétentions^ et, pour dire le vrai mot, dont l'existence est incompatible avec le gouvernement républicain
(( C'est par là que nous nous débarrasserons des émigrés et des prêtres ; les émigrés sont bannis à perpétuité ; tous ceux qui rentreront seront transportés en un lieu désigné par le gouvernement; ils seront en quelque sorte colonisés. La nation française, toujours grande et généreuse , fera volontiers des sacrifices pour les mettre en situation de former des établissements. ))
Quant aux prêtres, la déportation, selon le rapporteur, devait s'appliquer seulement à ceux qui refuseraient une déclaration de soumission aux lois.
Après avoir encore parlé de la nécessité politique, de la justice, de l'humanité, le rapporteur proposait à ses collègues une déportation en masse, sans jugement, et leur recommandait d'éviter la lenteur des formes judiciaires. — a Vous êtes vainqueurs : usez de la victoire, ou le combat pourrait recommencer :