G RÉSOLUTION DU CONSEIL DES CINQ -CENTS
frappons les coups nécessaires; reprenons nos fonctions législatives, et rétablissons l'harmonie entre nous et le Directoire. » — La péroraison était un tableau du bonheur dont la France allait jouir.
Une voix s'éleva pour demander douze heures de délai, afin de réfléchir sur la série de mesures énergiques dont, après le rapport, il avait été donné lecture. Les cris de la plupart des représentants qui s'étaient rendus à cette séance proclamèrent l'urgence.
L'article 1*"" portait l'annulation des élections de cinquante et un départements, comme viciées par les manœuvres du royalisme. Pourquoi ceux-là, plutôt que d'autres? C'est ce que ni le Directoire, ni la commission n'avaient pas pris le soin d'expliquer : chacun savait que c'était un moyen d'éliminer les représentants les plus connus de la majorité. Ainsi, un représentant de Lot-et-Garonne n'appuya point sa réclamation sur la régularité de son élection , mais sur son dévouement notoire à la République. 11 en allégua une preuve qui, dans la circonstance, pouvait paraître singulière; il avait eu, en 1793, disait-il, le courage de protester contre le 31 mai : apparemment il ne croyait pas que ce fût, cette fois, Toccasion d'avoir du courage ; on retrancha le département de Lot-et-Garonne.
Quelques élections avaient été annulées par le Corps législatif, parce que le parti révolutionnaire les avait troublées ou avait procédé })ar voie de scission ; elles furent déclarées valables par l'arlicle 2.
Par suite des articles précédents, tous les juges, administrateurs, hauts jurés élus par les collèges électoraux suspects devaient cesser leurs fonctions; le Di-