DÉLIBÉRATION DU CONSEIL DES ANCIENS
de mauvais œil la journée du 18 fructidor. D'autre part, le p^énéral Rossignol, avec une foule assez nombreuse, s'était diriiïé du faubourg Saint-Antoine vers le Luxembourg, sous prétexte de féliciter le Directoire d'avoir sauvé la République. Cet essai des auxiliaires anarcbistes que le gouvernement avait lui-même recrutés fut facilement déjoué, et passa presque inaperçu.
Le conseil des Anciens rentra en séance à midi. Des représentants qui avaient babituellement voté avec les modérés, mais en conservant toujours un fond de sympatbie pour le parti révolutionnaire, hommes raisonnables, mais engagés dans leurs vieilles opinions, se déclarèrent pour la loi de proscription. Creuzé-Latouclie répéta les phrases que Boulay avait dites à rOdéon : — a Pas une goutte de sang n'a coulé; aucun excès ne souillera ce grand événement; on ne propose que d'écarter des hommes dangereux; on leur conserve leurs biens; ils seront traités avec tous les égards dus à riiumanité. C'est un acte pénible pour nos cœurs ; mais la patrie n'a de salut que par ce sacrifice; nous n'avons pas le choix des moyens. Hatonsnous, un instant perdu peut être irréparable; la foudre est suspendue sur nos têtes. » — D'autres orateurs soutinrent la même opinion avec violence, menace, déclamation, et se félicitèrent d'avoir écha])|)é à la Saint-Barthélémy que préparaient l'orgueil et le fanatisme.
Lecouteulx et Régnier essayèrent encore de défendre la cause des lois et de 1 humanité.
Un message du Directoire fut apporté; dans son inquiète impatience, il adressait une sommation an conseil des Anciens :
« Le peuple attend; vous avez vu hier sa tranquil-