‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 129 sur 152 · septiMnlire · texte numérisé non relu

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MOUi^AL IIKVÈLK LES INTRIGUES DE PlCHEGIlL. 459

avait })as encore de télégraphe sur cette ligne. Le général Moreau y rendait un compte assez détaillé des faits ([ue le déchiffrement de la correspondance saisie lui avait fait connaître. — « J'étais décidé, ajoutait-il, à ne donner aucune publicité à cette correspondance, puisque, la paix étant présumable, il n'y avait plus de dangers pour la République; d'autant que tout cela ne ferait preuve que contre peu de monde, puisque ])ersonne n'est nommé.

c( Mais, voyant à la tête des partis, qui font actuellement tant de mal à notre pays, un homme très-compromis dans cette coiTcspondance, j'ai cru devoir vous en instruire pour que vous ne soyez pas dupe de son feint républicanisme et vous vous opposiez aux coups funestes qu'il peut porter à la patrie, puisque ses projets ne peuvent avoir pour but que la guerre civile. » — « Il a dû recevoir neuf cents louis lorsqu'il donna

sa démission et refusa l'ambassade de Suède Il

n'a pas fallu moins que les dangers que court mon pays pour me déterminer à vous faire cette confidence, vous me connaissez assez pour croire combien elle m'a coûté. Les preuves sont plus claires que le jour, mais je doute qu'elles puissent être judiciaires. »

Le Directoire ni le public ne crurent que la lettre de Moreau eût été écrite avant de savoir la nouvelle du 18 fructidor. Ainsi , il ne gagna point la confiance du gouvernement et perdit l'estime publique pour avoir dénoncé son ancien ami, au moment où il était proscrit et en route pour sa déportation. Les royalistes prétendaient qu'il avait été complice de celui qu'il accusait ; les républicains n'hésitaient point à l'en soupçonner; les modérés y voyaient la preuve d'un caractère indécis et faible , qui rendait le général

/|()0 MORT DE Hocni:.

Moreau iiica])al)lo (rentrer eriicaeement dans aucune combinaison.

En ra|)pelanl à Paris, le Directoire avait voulu seulement l'éloigner ])our (jnelcjne temps du comuiandement des armées. Les hostilités étaient suspendues et l'on pouvait se priver de ses services, sauf à lui rendre plus tard sa ])osilion, car désormais il n'y avait point à s'inquiéter de sa conduite politique.

Hoche ne jouit pas longtemps de la grande position que le Directoire lui donnait. 11 était à Francfort lorsque sa nomination au commandement de l'armée du Rhin lui parvint ; mais déjà trop malade, il ne put se rendre comme il le voulait à Strasbourg. Il retourna à son quartier général de Wetzlar. Son état ne laissait déjà presque aucune es])érance. Lui-même voyait la mort venir et l'attendait avec autant de fermeté et de courage que sur un champ de bataille. Sa pensée ne cessa point de se poi'ter sur les intérêts de sou armée et l'avenir de la République ; la sueur froide de l'agonie lui laissait (Micore sa force et sa raison. — (c Adieu, mes amis, disait-il, dites au gouvernement de veiller sur la Belgique. Adieu ! encore une fois. » Le 18 septembre au soir, ses souffrances redoublèrent ; une suflbcation lui fit perdre connaissance et il mourut à quatre heures du uiatin, le 19, entre les bras de son beau-frère le "énéral Debelle.

Le bruit se répandit universellement qu'il avait été empoisonné. A l'armée cojunie à Paris, l'opinion générale n'en faisait aucun doute. Les Jacobins imputaient ce crime aux agents de la contre-révolution; mais le public accusait le Directoire, qu'on savait jaloux et inquiet de rinq)()rtau('e du général Hocln;.

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