‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 130 sur 152 · MORT DE HOCHE · texte numérisé non relu

MORT DE HOCHE

Sa famille et ses amis les plus intimes repoussèrent de pareils soupçons. Le général Debelle, en annonçant sa mort au Directoire, rendait compte de sa maladie.

— « Doué d'un tempérament robuste et ardent, il avait une sensibilité nerveuse extraordinaire ; ses sensations étaient vives et brûlantes, le moindre sentiment l'afTeclait au delà de toute expression. La Révolution développa encore davantage cette disposition. Jeté sur ce grand tbéàtre , Hocbe a employé toutes ses facultés pour remplir dignement le grand rôle qu'il fut appelé à jouer; il les usa à force de travail. Son emprisonnement sous le règne de Robespierre; les fatigues extraordinaires qu'il se donna pour terminer la guerre civile dans l'ouest; le mauvais succès de l'expédition d'Irlande; les accusations portées contre lui à la tril)une nationale; l'ardeur qu'il a mise à confondre ses accusateurs, tout cela a épuisé ses forces ; une oppression de poitrine qu'il avait déjà éprouvée à Brest et qu'il avait négligée a reparu. Tous les secours de l'art n'ont pu le sauver. Depuis buit jours , il éprouvait de temps en temps des crises de suffocation avec des souffrances inouïes; la moindre occupation amenait une crise. »

Pour imposer silence à la rumeur publique, le général Debelle fit procéder à l'ouverture de son corps; sans en tirer la conséquence qu'il eût été empoisonné , les médecins reconnurent des symptômes qui signalent quelquefois l'action d'un poison.

C'en fut assez pour confirmer les soupçons qu'on avait voulu dissiper. La tradition les a recueillis et ils se retrouvent dans quelques mémoires contemporains, mais ils n'ont jamais été admis i)ar les personnes sensées et bien informées. Tout jeune qu'il était. Hoche avait

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