MORT DE HOCHE
Sa famille et ses amis les plus intimes repoussèrent de pareils soupçons. Le général Debelle, en annonçant sa mort au Directoire, rendait compte de sa maladie.
— « Doué d'un tempérament robuste et ardent, il avait une sensibilité nerveuse extraordinaire ; ses sensations étaient vives et brûlantes, le moindre sentiment l'afTeclait au delà de toute expression. La Révolution développa encore davantage cette disposition. Jeté sur ce grand tbéàtre , Hocbe a employé toutes ses facultés pour remplir dignement le grand rôle qu'il fut appelé à jouer; il les usa à force de travail. Son emprisonnement sous le règne de Robespierre; les fatigues extraordinaires qu'il se donna pour terminer la guerre civile dans l'ouest; le mauvais succès de l'expédition d'Irlande; les accusations portées contre lui à la tril)une nationale; l'ardeur qu'il a mise à confondre ses accusateurs, tout cela a épuisé ses forces ; une oppression de poitrine qu'il avait déjà éprouvée à Brest et qu'il avait négligée a reparu. Tous les secours de l'art n'ont pu le sauver. Depuis buit jours , il éprouvait de temps en temps des crises de suffocation avec des souffrances inouïes; la moindre occupation amenait une crise. »
Pour imposer silence à la rumeur publique, le général Debelle fit procéder à l'ouverture de son corps; sans en tirer la conséquence qu'il eût été empoisonné , les médecins reconnurent des symptômes qui signalent quelquefois l'action d'un poison.
C'en fut assez pour confirmer les soupçons qu'on avait voulu dissiper. La tradition les a recueillis et ils se retrouvent dans quelques mémoires contemporains, mais ils n'ont jamais été admis i)ar les personnes sensées et bien informées. Tout jeune qu'il était. Hoche avait