‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 135 sur 152 · RELATIONS DU UIUECTOIRE AVEC LE GÉN. BONAPARTE · texte numérisé non relu

RELATIONS DU UIUECTOIRE AVEC LE GÉN. BONAPARTE

qui, du moins, entendait les accusés et les condamnait franchement à mort!... Et pourquoi une injustice si révoltante et une telle violation des droits garantis aux citoyens par les lois? Le salut public pouvait seul justifier de tels actes; or, la République n'était pas en danger, lorsque les armées et le peuple entier étaient dévoués à sa conservation. »

Le Directoire sut bientôt quelle était l'opinion du général de l'armée d'Italie et quel langage il tenait. 11 s'en était inquiété d'avance. Dans cette appréhension, il envoya des agents, les uns pour le rallier à la cause directoriale, d'autres pour l'espionner ou pour exercer de l'influence sur les généraux et sur l'esprit de l'armée : c'était un mauvais moyen pour diminuer son mécontentement.

Le général Augereau lui avait dépêché un de ses aides de camp. La lettre dont il était porteur portait plainte de la conduite de M. de Lavalette, et annonçait que le général Clarke était rappelé de sa mission diplomatique ; elle témoignait de l'importance qu'Augereau avait ou croyait avoir auprès du Directoire et dans la conduite des affaires. Cet officier n'était pas seulement chargé d'une lettre pour le général en chef, il avait d'autres commissions à remplir : il était porteur d'une réclamation adressée au payeur de l'armée. Sans aucun titre ni motif, Augereau demandait six cent mille francs, croyant (pi'on n'oserait pas les lui refuser. Il écrivait des lettres aux généraux de division , et y joignait la copie d'une corresj)ondance intime de Clarke avec Carnot , où se trouvaient des rapports confidentiels sur les déprédations et les exactions que la voix ])ublique imputait à plusieurs d'entre eux. Furieux contre Clarke , ils se plai-

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