RELATIONS DU DIRECTOIRE AVEC LE GÉN. BONAPARTE. 4G
unirent hautement au «général en chef de ses dénonciations.
11 n'était pas accoutumé à être ainsi inquiété dans l'exercice de son autorité. La destitution du général Clarke, en qui il trouvait toute la déférence nécessaire dans le négociateur qu'on lui associait, était une véritahle offense. 11 lit un rude accueil à l'aide de camp d'Augereau, et il écrivit au Directoire en ces termes* :
— (( Un otiicier est arrivé avant -hier de Paris à l'armée; il y a répandu qu'on était inquiet de la manière dont j'aurais pris les événements du 18, il était porteur d'une espèce de circulaire du général Augereau à tous les généraux de division; il avait une lettre du ministre de la guerre qui l'autorisait à prendre tout l'argent dont il aurait besoin pour sa route.
« Il est constant, d'après tous ces faits, que le gouvernement en agit envers moi à peu près comme envers Pichegru après vendémiaire.
« Je vous prie de me remplacer et de m 'accorder ma démission ; aucune puissance sur la terre n'est capable de me faire continuer à servir après cette marque horrible de l'ingratitude du gouvernement, à laquelle j'étais loin de m'attendre. Ma santé, considérablement affectée, demande impérieusement du repos et de la trancfuillité.
« La situation de mon âme a aussi besoin de se retremper dans la masse des citoyens; depuis trop longtemps un grand pouvoir est confié dans mes mains. Je m'en suis servi , dans toutes les circon-