RELATIONS DU DIRECTOIRK AVEC LE GÉN. BONAPARTE
stances, pour le bien de la patrie. Tant pis pour ceux qui ne croient pas à la vertu et qui pourraient avoir suspecté la mienne.
(( Je puis , aujourd'hui que la patrie est tranquille et à l'abri des dangeis qui l'ont menacée, quitter sans inconvénient le poste où je suis placé.
« Croyez que s'il y avait un moment de péril , je serais au premier rang pour défendr(^ la liberté et la Constitution de l'an m. »
Le jour même où le général Bonaparte écrivait cette lettre , son aide de camp Lavalette ari'iva de Paris. La conversation fut longue; il se fit raconter tous les détails, les hésitations des uns, les emportements des autres , le manque de direction et de prévoyance. Son opinion était faite depuis longtemps sur les acteurs de ce drame ; il savait combien de faiblesse et de couardise était au fond de tant de rudesse et de témérité. — c( La fermeté aurait suffi, disait-il; la force, ([uand on ne peut faire autrement; mais quand on est le maître, la justice vaut mieux. » — Puis, après avoir longtem[)s continué à se promener en silence dans une allée du jardin, réflécliissant aux informations qu'il venait d'entendre, et résumant, selon son habitude, le résultat des faits accomplis; — «A tout |)rendre, cette résolution aura élé un vigoureux coup de fouet donné à la nation. »
Parmi les agents ([ue le Directoire ou Augereau avaient envoyés à l'armée d'Italie pour expliquer et commenter le 18 fructidor, le i)lus important était le citoyen Botlot, secrétaire de Barras et son ])lns intime confident. Le général Bonaparte lui témoigna tout son mécontentement et lui détailla ses griefs contre le Directoire. Son déplaisir et son inquiétude portaient