‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 138 sur 152 · RELATIONS DU DIRECTOIRE AVEC LE GÉN. BONAPARTE · texte numérisé non relu

RELATIONS DU DIRECTOIRE AVEC LE GÉN. BONAPARTE

hien moins sur la révolution qui venait d'être consommée et sur les actes dont elle était accompagnée, (jue sur le changement qu'elle pouvait opérer dans les relations qu'il entretenait avec le gouvernement. Il craignait de ne plus trouver la même docilité, le même empressement à adopter ses projets, à suivre ses volontés; il savait que la soumission, qu'il avait rendue si complète, était consentie mal volontiers, et que le triumvirat directorial endurait ses exigences avec une impatience muette. Maintenant leur autorité avait grandi, leur position était mieux assurée; au lien d'être seulement une majorité, ils avaient des collègues conformes à leur opinion.

Les explications que le général Bonaparte eut avec le citoyen Bottot portèrent donc sur les dissentiments qui s'étaient aigris de jour en jour, depuis le 18 fructidor. Ils étaient graves; car il s'agissait de la paix, des conditions qui devraient être faites à TAutriche, de la distribution des territoires dans l'Italie septentrionale, du sort réservé aux États avec lesquels on avait déjà traité, de la possibilité de recommencer la guerre, des dispositions à prendre pour cette hypothèse. Sur tous ces points le général voulait rester le maître absolu, et persistait à donner sa démission, si ses projets n'étaient pas adoptés.

Il persuada si bien l'agent de Barras, soit en lui montrant que tous ses projets étaient raisonnables et nécessaires, soit en l'intimidant, que le Directoire, aussitôt après le retour du citoyen Bottot, s'empressa d'entrer humblement en justification, et de promettre son obéissance à toutes les volontés du général Bonaparte. Une lettre du président Réveillère énuméra les exigences et les reproches qui avaient été si durement

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signifiés, en se montrant empressé à satisfaire aux unes et à se disculper des autres.

La lettre que lui écrivit Bottot après avoir terminé cette négociation, témoigna encore mieux que le gouvernement des directeurs avait de la force et de l'autorité seulement contre les lois , et qu'ils ne se proposaient d'autre but que de conserver le pouvoir, de garder leur place et défendre les intérêts de leur parti ; que du reste, ils étaient sans une pensée politique, sans nulle préoccupation de la gloire et de la prospérité du pays. On ne pouvait prévoir ce qui adviendrait d'un semblable despotisme , que Topinion publique méprisait beaucoup plus qu'elle ne le craignait ^

— « Les derniers moments de mon séjour près de vous avaient profondément affligé mon cœur. De cruelles idées m'ont accompagné jusqu'à la porte du Directoire; mais combien elles se sont dissipées lorsque je l'ai retrouvé tel que je vous l'avais peint : plein d'admiration et, j'ose le dire, de tendresse pour votre personne. Avec quelle intéressante sollicitude tous s'informaient à Tenvi de votre santé et de tout ce qui vous intéresse et vous environne ! Cond)ien la cruelle lettre dont vous m'aviez cliargé contrastait avec ces doux épancbements de l'amitié !... Je suis franc et sincère, citoyen général : vous êtes trompé sur le Directoire. Peut-être le gouvernement commet-il beaucoup de fautes? peut-être ne voit-il pas toujours aussi juste que vous dans les affaires? Mais avec quelle docilité républicaine il a reçu vos observations!

ce Augereau commande les trois armées du Ubin, de Sambre-et-Meuse et du Nord? — Mais c'est vous qui

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