octobre
NÉGOCIATIONS AVEC l'aLTRICHE. 473
lavez envoyé; Terreur du Directoire est la vôtre. — Bernadotte? Il est revenu dans votre année. — Vous avez demandé douze mille hommes? Ils sont en marche. — Le traite de Sardai^ne? 11 est ratifié. — Bourrienne? Il est rayé de la liste des émigrés. — Il n'existe aucun des nuages dont vous me parliez si amèrement; les coeurs sont purs. Éclairez donc le Directoire. Je le répète : ils ont besoin d'instruction ; c'est de vous qu'ils l'attendent. »
C'était au château de Passeriano, près d'Udine, que le général Bonaparte avait reçu l'envoyé de Barras. Il avait quitté Milan, dans les derniers jours du mois d'août, pour reprendre des négociations qui présentaient en ce moment plus d'espérance d'une solution pacifique.
Depuis le mois de mai , oii les articles projetés par la conférence de Montebello avaient été soumis préalablement au Directoire et au cabinet de Vienne sans obtenir l'assentiment ni de l'un ni de l'autre, une note, remise le 19 juin aux plénipotentiaires français, déclinait formellement, au nom de l'empereur, les bases proposées, et insistait sur la nécessité indispensable d'un congrès pour arriver à la conclusion de la paix.
M. de Giillo, en remettant cette note au général Bonaparte , ne dissimula point que le véritable motif de ce refus était le désir qu'avait M. de Thugut d'obtenir des conditions meilleures; il voulait avoir Venise, Mantoue, Brescia, et gardait le silence sur la cession de la rive gauche du Rhin à la France. Le parti de la guerre prévalait en ce moment à la cour de Vienne ; l'opinion allemande, les influences de l'Angleterre, et peut-être encore plus l'espérance de voir bientôt le
/r74 NÉGOCIATIONS AVEC l'aUTRICHE.
gouverueiueiit directorial renversé par une conspiration royaliste, avaient ranimé les esprits à Vienne : on ne voulait plus subir la loi de la France.
Sur le dernier point, le général Bonaparte disait au comte de Gallo : — « Ils sont incorrigibles dans cette illusion , après y avoir été attrapés cent fois. »
Les plénipotentiaires français répliquèrent par une note dont le langage était modéré; mais ils faisaient remarquer qu'élever de telles difficultés, c'était ne pas vouloir la paix.
En transmettant cette pièce au Directoire, le général Bonaparte posait la question suivante : -^ « Céderiezvous Venise pour avoir la rive gaucbe du Rhin? » — Le Directoire ne répondit pas sur cet article ; ses instructions^ recommandèrent de montrer une grande fermeté et de prendre un ton menaçant. — « Quant à la proposition d^un congrès, elle était, disait-il, d'autant plus déplacée, que l'Angleterre consentait à traiter séparément, et envoyait des plénipotentiaires à Lille, »
Ils y arrivèrent le 4 juillet, peu de jours après les plénipotentiaires français. Les propositions de l'Angleterre étaient conciliantes^ : — « L'Angleterre rendra à la France toutes les conquêtes qu'elle a faites sur elle, sans exception. » — Quant à ce qui regarde les alliés de la France, c'est-à-dire l'Espagne et la Hollande, l'Angleterre entend conclure la paix avec Tune et l'autre, à la condition qu'elle restera en possession de l'île de la Trinité , du cap de Bonne-Espérance et de la forteresse de ïrinquemale dans l'île de Ceylan.