‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 144 sur 152 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

(jii'on n'en avait pas déduit les véi'ital)les conséquences et que les attributions données aux différents pouvoirs de l'État avaient été mal déterminées. Selon lui, le pouvoir de gouvernement était le vrai représentant de la nation. Pour que ce pouvoir fût exercé conformément à la charte constitutionnelle et aux lois organiques, son action devait être réglée par deux magistratures distinctes, toutes deux électives. L'une aurait, pour ainsi dire la législation d'exécution et serait un grand conseil d'État 5 il voterait l'impôt et réglerait les dépenses.

L'autre serait chargée de rendre ou de modifier les lois qui ne sont pas de circonstance et d'exécution. Ce conseil n'aurait ni fonctions actives ni rang parmi les autorités de l'Etat; il délibérerait sans recevoir l'influence de l'opinion publique ou des circonstances; ses travaux s'accompliraient sans précipitation ni urgence, sans aucun intérêt à accroître son importance et ses attributions.

Quel serait le chef de ce gouvernement; à qui, en l'ésumé, cette souveraineté absolue du peuple serait-elle déléguée? C'est ce (pii n'était point dit; mais le général Bonaparte manifestait son aversion pour le gouvernement parlementaire tel qu'il règne en Angleterre, l^a liberté anglaise lui ])araissait un privilège aristocratique : — ((Il a bien fallu, dit-il, avoir une chambre des conununes ])our contrôler le despotisme de la coul'oime et rinsolence des courtisans; il a aussi été raisonnable de lui confier le vote de l'impôt. »

En conclusion, son système consistait à déléguer le ])ouvoir absolu et à le contrôler le moins ])0Ssiljle , attendu qu'il est exercé au nom du peuple. Jamais cette forme de ii;ouveruement n'a été écrite

d'une manière aussi nette dans aucune charte; mais le général Bonaparte en a mis les principes en pratique.

Il laissa la nouvelle république accepter une constitution pareille h la constitution française que le Directoire venait de déchirer au 1 8 fructidor. Le 1 1 novembre , il fit ses adieux au peuple cisalpin par une proclamation :

— c( A compter du^ 1^' frimaire, votre constitution sera en pleine activité : votre directoire , votre corps législatif, votre tribunal de cassation et les administrations subalternes seront organisés.

« Vous êtes le premier exemple, dans l'histoire, d'un peuple qui devient libre sans passions, sans déchirements , sans révolution. Nous vous avons donné la liberté ; sachez la conserver, Vous êtes , après la France, la république la plus populeuse, la ])lus riche. \ otre position vous appelle à jouer un grand rôle dans les affaires de l'Europe.

« Pour être dignes de votre destinée , ne faites que des lois saaes et modérées ; faites-les exécuter avec force et énergie; favorisez la propagation des lumières, et respectez la religion; composez vos bataillons, non pas de gens sans aveu , mais de citoyens qui se nourrissent des principes de la République et soient immédiatement attachés à sa prospérité.

« Vous avez besoin de vous pénétrer des sentiments de votre force et de la dignité qui convient à Vhomme libre.

(( Divisés et plies depuis tant d'années à la tyrannie, vous n'eussiez point conquis votre liberté, mais bien-

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