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508 LE GÉNÉRAL BONAPARTE QUITTE l'iTALIE.
t)t, fussiez-vous abandonnés à vous-mêmes, nullo ])uissance de la terre ne sera assez forte pour vous Tôtcr. Jusqu'alors la grande nation vous protégera contre les attaques de vos voisins.
u J'ai accompli , pour consolider la liberté, et en seule vue de votre bonheur, une œuvre qui jusqu'ici n'avait eu pour mobile que l'ambition et l'amour du pouvoir.
(c Je vous quitte sous peu de jours. Les ordres de mon gouvernement et un danger imminent que courrait la république cisalpine me rappelleraient au milieu de vous ; mais dans quelque lieu que le service de ma patrie m'appelle, j'aurai toujours une vive sollicitude pour le bonheur de votre république. »
Cinq jours après , il mit à l'ordre du jour de l'armée une proclamation : — a Soldats, je pars demain pour me rendre à Rastadt. Séparé de l'armée, je soupirerai après le moment de me retrouver au milieu d'elle, bravant de nouveaux dangers. Quelque poste que le gouvernement assigne aux soldats d'Italie , ils seront toujours les dignes soutiens de la liberté et de la gloire du nom français. Soldats, en vous entretenant des princes que vous avez vaincus , des peuples que vous avez affranchis , des combats que vous avez livrés en deux campagnes , ditesvous : dans deux campagnes nous aurons plus fait encore. »
Le général Bonaparte partit de Milan le 1 7 novembre. 11 s'arrêta à Turin; le roi de Sardaigne aurait désiré le voir et lui témoigner une reconnaissance qui l'aurait peut-être embarrassé, tant il prévoyait la ruine prochaine de cette monarchie qu'il avait provisoire-
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ment préservée. Il continua sa route, passa le mont (]enis, et suivant la route de Chambéri et d'Aix, il arriva à Genève où il s'arrêta. 11 y fut accueilli avec enthousiasme par le parti démocratique ; car cette ville était depuis un an déchirée par les discordes civiles ; la faction que protégeait le gouvernement français avait eu son règne de terreur et répandu le sang de plusieurs honorables citoyens.
Carnot était caché aux environs, et la police de Genève crut qu'en faisant arrêter un banquier soupçonné d'avoir favorisé son évasion de Paris après le 1 8 fructidor, elle donnerait une preuve de zèle agréable à l'illustre voyageur. Il continua sa route à travers la Suisse, et à son entrée dans le pays de Vaud , il fut reçu triomphalement comme un libérateur. Une révolution allait y éclater; les Vaudois étaient, non pas citoyens, mais sujets du canton de Berne, et voulaient, ou former un canton distinct et souverain , ou plutôt faire partie d'une répubhque helvétique composée de tous les cantons. Les rassemblements qui fêtèrent le général Bonaparte comptaient sur son appui et lui rappelèrent les paroles qu'il avait prononcées en affranchissant la Valteline : — « Un peuple ne peut pas être sujet d'un autre peuple. »
Il passa devant Coppet sans voir M. Necker, sur qui il professait déjà une opinion peu bienveillante. Les aides de camp qui l'accompagnaient l'avaient engagé à faire une promenade jusqu'à Ferney. Mais il n'avait pas une grande admiration pour Voltaire et ne fut point tenté de ce pèlerinage. A Lausanne, il accueillit avec quelque bienveillance les chefs de la faction démocratique, partisans de la république helvétique.
Il parcourut le champ de bataille de Morat et se fit