MESSAGE RELATIF AUX JOURNAUX. A
pousser à bout le parti révolutionnaire et le Directoire. Avec moins de mesure et plus d'imprudence que leurs confrères les modérés , ils irritaient les généraux , l'armée et l'orgueil national.
Pendant ce temps-là, les Conseils législatifs, se renfermant avec prudence et scrupule dans leurs fonctions spéciales, n'intervenaient en aucune façon dans la question qui importait le plus au pays; ils ne cherchaient à exercer aucune influence sur la marche des néojociations avec l'Anûilcterre.
Ce fut à ce moment que le Directoire , de plus en plus irrité et troublé dans Texercice de son autorité par les attaques des journaux, appela l'aLtention du conseil des Cinq- Cents sur ce scandale et sur les dangers dont l'ordre public était menacé par cette guerre déclarée au gouvernement. Il se plaignait surtout , dans son message , des offenses contre les personnes, des calomnies, des injures, des diffamations qui n'épargnaient aucun des hommes publics ; il faisait remarquer avec raison que , de toutes les causes qui peuvent entretenir et envenimer l'esprit de parti, il n'en est pas de plus actives. Les rancunes, les méfiances, les réactions et les craintes étaient ainsi suscitées ou entretenues; des divisions, qui auraient pu l'apaiser, étaient ainsi indéfiniment prolongées.
Le Directoire s'efforçait de paraître impartial dans ce réquisitoire contre les excès de la presse , et ne ménageait pas plus les journaux anarchistes que les journaux royalistes; il disait combien la critique adressée chaque jour sans mesure et sans bonne foi à tous les actes des pouvoirs publics, était funeste en n. 4