M) MESSAGE RELATIF AUX JOURNAUX
al)olissant le respect dû aux lois; il traitait d'hypocrisie les invocations continuelles à la Constitution. « Les fausses nouvelles et l'appréciation arbitraire des circonstances du moment, servent les spéculations de l'agiotage, égarent Topinion publique en présentant un tableau affligeant de la situation ; ainsi on décourage les espérances des bons citoyens et l'ardeur des soldats ; on perpétue la guerre en feignant de désirer la paix.
« Quel moyen avons-nous pour combler le précipice où un tel état de choses nous entraîne? Les lois sont insulllsantes; on en élude l'application; les journalistes de tous les partis ont été vainement poursuivis ; juges et jurés n'osent pas prononcer; cet état convulsif ne cessera que par quelque mesure nouvelle qui mettra un frein à la licence des journalistes, qui dissoudra cette corporation, magistrature nouvelle dont la prétention est d'être la première de la République ; magistrature inviolable et réclamant le privilège monstrueux de commander impunément tous les crimes. »
Il y avait beaucoup de vrai dans ce tableau de la presse périodique. Peut-être à aucune époque de nos révolutions , les journaux n'ont travaillé plus efficacement à la démolition d'un gouvernement. Le conseil des Cinq-Cents ne fit pas néanmoins un accueil favorable à ce message. Les applaudissements que lui prodigua le parti révolutionnaire, les expressions ignobles et violentes d'un représentant nommé Talot qui, parlant des rédacteurs de journaux, les appela des polissons, (les gredins, des assassins de la patrie, montrèrent que toute mesure répressive serait destinée à opprimer une opinion ])our en protéger une autre. Telle était la position du gouvernement directorial; il