MESSAGE RELATIF AUX JOURNAUX
représentait non pas les intérêts généraux du pays , mais les intérêts d'un parti, et n'inspirait pas assez de confiance pour que la majorité des Conseils voulût augmenter son autorité; comme il n'avait point fait cesser la guerre entre les factions, elles voulaient conserver leurs armes.
D'ailleurs un certain respect pour la liberté de la presse s'était encore conservé depuis les premiers temps de la Révolution ; lorsqu'elle avait été opprimée , toutes les autres libertés avaient été anéanties : il semblait qu'elle fût destinée à leur servir de garantie.
— « Voudriez -vous enchaîner la presse? disait Mailhe, conventionnel ennemi de la réaction; non, vous ne voulez pas laisser reparaître le temps d'exécrable mémoire où les écrivains étaient traînés à l'échafaud. Réprimez la calomnie; mais gardez-vous d'interdire la censure des actes et de la conduite des fonctionnaires publics; vous anéantiriez la liberté française. »
Boissy d'Anglas ajoutait : — « Nous avons récemment rejeté à une immense majorité des propositions pareilles : la liberté de la presse ! nous la maintiendrons, nous la défendrons au péril de notre vie; elle est la garantie du gouvernement républicain , que nous voulons tous affermir. Quoi! le Directoire s'élève contre les journaux! N'est-ce pas lui qui a donné l'exemple de leurs abus? N'a-t-il pas fait distribuer des journaux détestables , où chacun de nous était impudemment calomnié? Ces journaux avaient la sanction du gouvernement; c'est ceux-là qui sont le plus dangereux, »
Ce message du Directoire n'eut aucun autre résultat