MESSAGE RELATIF AUX JOURNAUX
Dans cette présomption , il avait chargé le général Bonaparte d'écrire à Tempereur une lettre menaçante où il lui annonçait que si Sa Majesté impériale n'envoyait pas un plénipotentiaire à Paris pour traiter de la paix, l'armée française marcherait sur Trieste et ruinerait tous les établissements que l'Autriche avait sur l'Adriatique.
11 n'y avait rien à se promettre d'une démarche aussi inconvenante^ Néanmoins, le général Bonaparte écrivit cette lettre'. Elle fut confiée à un agent qui ne se présentait que comme simple courrier de cabinet, mais à qui avaient été données quelques injonctions verbales et que le général avait autorisé à entrer en conversation avec M. de Thugut. La lettre était si étrange, la manière dont elle arrivait prouvait une telle ignorance des habitudes diplomatiques et de l'étiquette des cours, que le prétendu courrier ne fut admis par personne et fut garde à vue. Le comte de Collowrath fut le seul dans le conseil qui opina pour prendre en considération cette ouverture pacifique. On se borna à faire savoir indirectement au gouvernement français qu'aucune proposition ne pouvait être reçue si elle n'était pas faite dans les formes consacrées dans la diplomatie.
Après les revers qui avaient ramené les armées françaises sur le Rhin , au moment où de nouveaux et puissants efforts de l'Autriche menaçaient larmée d'Italie et donnaient de l'inquiétude même au général qui la commandait, le Directoire devait désirer plus fortement encore de faire la paix avec l'empereur ; il crut encore possible de traiter à part de l'Angleterre.