‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 24 sur 152 · REPRISE DES NÉGOCIATIONS AVEC LANGLETERRE · texte numérisé non relu

REPRISE DES NÉGOCIATIONS AVEC LANGLETERRE

sans avoir obtenu la restitution de tous domaines ou territoires qui appartenaient à l'une ou à Tautre avant la guerre. »

L'article de la constitution française n'était pas, en elTet, un argument admissible par les puissances étrangères. Le partage de la Pologne, l'accroissement de territoire , de population et de revenu qu'avaient ainsi obtenu l'Autriche, la Prusse et la Russie; la justice et la nécessité de maintenir la balance de l'Europe, étaient des motifs plus réels pour qu'une augmentation correspondante fût attribuée à la France.

La réponse de lord Malmesbury fut remarquable, mais n'atténuait point la force de cette objection. — « Vous-même, disait-il, ne m'avez-vous pas fait remarquer que la République n'était plus dans la décrépitude monarchique. Je puis dire avec vous que la France, par son changement de gouvernement, a acquis une force et une puissance bien supérieures à ce que pourrait lui ajouter un accroissement de territoire. Déjà la France monarchique était un objet de la préoccupation , pour ne pas dire de la jalousie des États européens ; elle est devenue plus puissante par sa constitution répubhcaine. Ainsi , elle peut donner plus d'inquiétude, et toute addition à son territoire pourrait jeter l'alarme dans toute l'Europe. »

Le ministre présenta alors le système de compensation, tel que le Directoire l'avait conçu. Les électorals et souverainetés ecclésiastiques de l'empire d'Allemagne en auraient fait les frais. On instituerait de nouveaux électeurs, comme par exemple le duc de Brunswick, le stathouder, et le duc de Wurtemberg. Ainsi serait renouvelé l'édifice gothique de la constitution germanique. Un tel projet ne pouvait être produit dans la

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