CAPITULATION DE MANTOUE
prit une plume et se mit à écrire sans que le général autrichien fît attention à lui. Après une demi-heure, ayant écrit ses décisions en marge des propositions de Wurmser, il se leva et vint prendre part à la conférence. — u Si \Yurmser, dit-il , avait seulement pour vingt-cinq jours de vivres et qu'il parlât de se rendre , il ne mériterait pas une capitulation honorable; mais je respecte l'âge, la bravoure et les malheurs du maréchal. Voici les conditions que je lui accorde s'il ouvre ses portes demain; s'il tarde quinze jours, un mois, deux mois, il aura encore les mêmes conditions; il peut attendre jusqu'à son dernier morceau de pain. Je pars à l'instant pour passer le Pô, et je marche sur Rome. Maintenant vous connaissez mes intentions; allez les dire à votre général. »
M. de Klenau n'avait d'abord rien compris aux premières paroles de cet officier, qui venait ainsi se mêler à la conversation; mais voyant bientôt devant qui il se trouvait, il prit lecture des décisions du général Bonaparte : « La garnison sera prisonnière de guerre; après être sortie de la place, elle déposera sur les glacis ses armes et ses drapeaux. — Ne seront point prisonniers de guerre M. le maréchal comte de Wurmser, et sa suite ; deux cents hommes de cavalerie, y compris leurs officiers; cinq cents hommes au choix de M. le maréchal, y compris les artilleurs; MM. les officiers généraux, ceux de l'état-major et tout autre que M. le maréchal voudra y comprendre. — Les officiers garderont leurs épées, les généraux conserveront leurs chevaux; chaque soldat emportera son sac, chaque cavalier son portemanteau. — La garnison sera échangée contre des prisonniers français le plus tôt possible; les hommes qu'emmènera M. le maréchal promettront