Mémoire de Carnot
aiitro iiio]>ile que la politique et l'intérêt bien entendu de la République. Au moment d'ouvrir la conférence de Tolentino , il avait écrit au Directoire : — « Je préfère raccommodement à aller à Rome : 1^ parce que cela m'évitera une discussion qui peut être fort sérieuse avec le roi de Naples ; 2" parce que le Pape et tous les grands sei^^neurs se sauvant de Rome, je ne pourrais jamais en tirer ce que je demande ; 3" parce que le gouvernement pontifical ne peut exister longtemps dépouillé de ses 1)p]]os provinces ; une révolution s'y fera toute seule ; V" la cour de Rome eu nous cédant dès à présent ces provinces, on ne pourra pas, en discutant une pacification générale , regarder leur occupation comme un fait militaire et provisoire. — Enfin, parce que je pourrai disposer de la division qui est ici pour les opérations du point où la lutte avec les Autrichiens va recommencer. »
11 ne dissimulait point que son intention était de garder Ancône pour toujours. — « C'est un très-bon port; on va de là en vingt-quatre heures en Macédoine, en dix jours à Constantinople. Je fais mettre la forteresse en bon état de défense. 11 faut que nous conservions Ancône ; cela nous donnera de l'influence sur la Porte ottomane, et nous rendra maîtres de l'Adriatique. »
C'est ainsi qu'on le verra toujours, ne considérant une entreprise accomplie que comme un moyen de réussir dans une autre et plus grande entreprise.
Il n'y avait pas jusqu'à la mesure qu'il avait prise en faveur des prêtres français, qu'il ne voulut présenter comme un calcul politique ; il eût craint qu'elle fût attribuée à un sentiment de justice et de charité.
— (( Cette mesure n'est pas contraire aux lois ; elle est conforme à nos intérêts et à la bonne politique. II. 7