DISPOSITION' DL' CABINET AUTRICHIEN
Ces prêtres nous sont fort attachés et beaucoup moins fanatiques que les Romains. Us ont été accoutumés en France à voir un ordre de choses où les prêtres ne gouvernaient point; et c'est beaucoup. Ils sont trèsmisérables; la plupart pleurent dès qu'ils voient un Français. Si nous continuons à les traquer de royaume en royaume, ils finiront par aller se cacher en France. Comme ici nous ne touchons en rien à la religion, il vaut beaucoup mieux qu'ils y restent. Si vous approuvez cette mesure, je tirerai de ces gens-là un grand parti en Italie. »
Ainsi, dans sa pensée, le traité qu'il signait n'avait rien de définitif. Ce que deviendraient les souverains de l'Italie; comment seraient réunis ou partagés les territoires; quelles compensations pouvaient être accordées ou refusées à l'Autriche, tout était remis aux hasards de la guerre et à la victoire plus ou moins complète dont il se tenait pour plus assuré encore que dans les campagnes précédentes. Sa vraie préoccupation était de faire éprouver à l'archiduc Charles le même sort qu'à Beaulieu, à Wiirinser, à Alvinzi.
F^'empereur avait résisté aux conseils de Thugut et du marquis de Gallo. La majorité du conseil aulique était aussi d'avis de continuer la guerre. Les conditions qui étaient proposées sans caractère officiel, soit ])ar le Directoire, soit par le général Bonaparte, semblaient inadmissibles. L'influence de TAngleterre remportait sur les intrigues de la reine de Naj)les. La bataille de Rivoli, et même la capitulation de Mantoue, n'avaient pas encore changé la volonté de l'empereur, ni découragé le patriotisme du parti de la guerre. D'ailleurs les électeurs et souverains ecclésiastiques