EMKETIE>' DU GÉN. BONAPARTE ET DE M. DE LUCCIIESINI
savaient que, dans tous les projets de paix, leurs États seraient destinés à servir d'indemnités aux princes que la France dépouillerait en tout ou en partie de leur territoire ; ils faisaient donc entendre d'instantes représentations. Il s'agissait, disaient-ils, de la constitution de l'empire germanique et d'une révolution dans le droit politique de l'Europe. Les princes dont la souveraineté se composait d'une seigneurie peu considérable prévoyaient aussi avec effroi qu'ils pourraient être médiatisés. Les victoires de l'archiduc Charles, qui avait déhvré l'Allemagne de l'invasion française, leur donnaient une entière confiance dans son talent militaire et dans son caractère; ils demandaient qu'une sorte de dictature lui fût confiée et promettaient de contribuer par leurs soldats et leurs subsides à la défense de la patrie allemande.
Toutefois, il y avait peu d'espoir à Vienne; ceux même qui voulaient la continuation de la guerre pensaient que l'Autriche combattrait pour son honneur plutôt que pour son salut. Dans le conseil de l'empereur, on commençait à songer aux conditions possibles de la paix plus qu'aux moyens de se défendre avec efficacité. Sans une grande clairvoyance, on pouvait prévoir les événements prochains.
Le marquis de Lucchesini, ministre de Prusse en Autriche, s'inquiéta du dommage qui résulterait pour son souverain d'une négociation entre l'Autriche et la France, où la Prusse ne serait pas appelée. Il donna un prétexte et partit pour l'Italie, afin de découvrir quelles pouvaient être les intentions et les projets du général Bonaparte , car il était évident que sa volonté ferait le traité. Il le rencontra à Boloiïne,