COMPLOT DE GRENELLE
être traduit à la liante cour; mais tous ses complices n'avaient pas été arrêtés et l'organisation qu'il avait établie subsistait toujours. Ceux de ses agents qui étaient restés libres, se résolurent à accomplir les desseins oii il avait éclioué.
Dans la nuit du 29 au 30 août, des coups de feu et les explosions de quelques boîtes d'artifice furent entendus dans plusieurs quartiers de Paris; au point du jour, on trouva suspendu au-dessus de la porte de l'hôtel Beauvau un drapeau blanc avec l'inscription : — « Vive le roi, mort aux républicains. » — Un placard manuscrit appelait aux armes la jeunesse royaliste.
La police ne s'y trompa point; elle sut, ou elle savait d'où venaient ces démonstrations, d'autant qu'une des boîtes avait éclaté et tué l'homme qui y avait mis le feu. C'était un membre du comité révolutionnaire d'une des sections de Paris. Le Directoire annonça par une proclamation ([ue le parti anarchiste était coupable de ces désordres; néanmoins le journal de Louvet et les autres gazettes })lus ou moins révolutionnaires continuèrent à parler du conq)lot royaliste.
Le 9 septembre, au soir, le ministre de la police vint annoncer au général en chef de l'armée de l'intérieur qu'une soixantaine d'hommes étaient en ce moment même réunis dans un cabaret du village de Vaugirard; (|ue dans d'autres auberges, dans les jardins et sur la route de Vaugirard à Paris, une grande quantité de gens étaient dispersés ])ar groupes et se tenaient prêts, au signal donné, à se porter sur Tétat-major du camp de Grenelle, tandis que d'autres conjurés égorgeraient les membres du Directoire, les ministres et plusieurs représentants.