‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 44 sur 152 · PRÉLIMINAIRES DE LÉOBEN · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES DE LÉOBEN

que le Directoire, plus empressé que lui à traiter et à faire de bouues couditious à l'Autriclie lorsque la situatiou devenait diflicile et dangereuse, devenait exigeant après la victoire et reprenait Tidée de bouleverser l'Europe et de détruire les anciens États. Il s'attachait donc à montrer que sa position n'était pas aussi belle et aussi forte qu'on devait le supposer; il la représentait avec vérité, afin d'établir que la détermination de faire la paix était commandée par la nécessité; il savait bien que le Directoire n'oserait pas lui répondre que s'il avait voulu attendre trois semaines et ne pas arriver au Simering avant le moment que lui-même avait indiqué , les armées du Rhin auraient eu le temps de s'avancer en Allemagne et de combiner leur marche avec la sienne. 11 avait risqué le salut de son armée et le sort de la guerre pour que la victoire et la paix fussent son œuvre, pour augmenter sa gloire et sa puissance; mais il avait réussi. Un succès si éclatant n'était pas seulement une réponse aux objections; il empêchait même de les concevoir.

Arrivé au terme de cette première phase de sa grandeur et de son ambition , il se complaisait à retracer la route qu'il venait de parcourir et à glorifier sa conduite militaire et politique; il se donnait la satisfaction de démontrer au Directoire combien il avait eu raison d'agir, non point d'après les instructions qu'il avait reçues , mais d'après sa propre volonté.

— « Si je me fusse, au commencement de la campagne , obstiné à aller à Turin, je n'aurais jamais passé le Pô; si je m'étais obstiné à aller à Rome, j'aurais perdu Milan; si je m'étais obstiné à aller à Vienne.

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