PASSAGE DU RHIN
liminaires; il conclut un armistice et plaça son quartier général à Friedeberg sur la Nidda.
L'armée du Rhin avait passé un hiver plus laborieux ; elle avait pendant plus de deux mois soutenu contre tous les eiYorts de l'archiduc Charles, les places de Kelli et de la tête du pont d'Huningue. Le gouvernement l'avait laissée dans le dénûment, la solde n'était point payée; l'argent manquait pour les préparatifs du passage du II h in et de l'entrée en campagne. Le général Moreau était à Paris sollicitant des secours pour son armée. Desaix , qui la commandait en son absence, avait pourtant, à force de zèle et d'activité, tout disposé pour passer le fleuve sur un point dont la connaissance avait pu être dérobée à l'ennemi. Moreau arriva de Paris le 19 au soir, et le lendemain matin, à quelques lieues au-dessous de Strasbourg, en un lieu où le fleuve est séparé en plusieurs branches par des îles couvertes d'arbres qui cachaient le mouvement des Français, le passage fut tenté. Un pont qui mettait deux îles en communication favorisa la traversée, les autres bras furent franchis avec des bateaux, et à gué lorsque l'eau n'était pas profonde.
Le village de Diersheim , sur la rive droite, fut occupé après une défense assez vive. Le lendemain, le général Stzarray, à la tête de vingt mille hommes et d'une artillerie formidable, attaqua Diersheim lorsque la plus grande partie de Tarmée française n'avait pas encore traversé le fleuve; mais les différents corps arrivaient successivement pour soutenir l'attaque et la bataille fut gagnée. Les Autrichiens y perdirent vingt pièces de canon, des bagages, beaucoup de prisonniers et des drapeaux. Le général Latour arriva de Man-