PASSAGE DL' RHIN
heim avec un corps d'armée, pour arrêter la marche des Français; une nouvelle bataille semblait inévitable; mais le 22 avril, un parlementaire autrichien vint annoncer les préliminaires de Léoben. Moreau hésita sur le parti qu'il devait prendre. L'armistice ne lui était pas signifié officiellement ; le général Bonaparte n'avait pu stipuler pour des armées qu'il ne commandait pas; quelques généraux calculaient que, malgré ses victoires, Farmée d'Italie pouvait être dans une situation difficile et que la guerre se rallumerait, si les négociations définitives venaient à échouer. Nonobstant ces réflexions, le général Moreau, ainsi que le général Hoche, conclut un armistice.
Le Directoire et Paris reçurent donc en même temps la nouvelle des préliminaires de Léoben, imposés aux portes de Vienne et les victoires des armées du Rhin. La joie fut grande et universelle. Tant de gloire et la paix: c'était de quoi enivrer l'opinion française!
Il eût été difficile pour le Directoire de se refuser à ratifier les préliminaires de Léoben , de désavouer le général Bonaparte et de lui prescrire le renouvellement de la guerre. Toutefois ce ne fut pas sans effort que Carnot obtint le consentement de ses collègues et calma le premier transport de leur colère , lorsqu'ils apprirent que le général de l'armée d'Italie avait osé signer la paix. Rewbell se désespérait; Réveillère rugissait d'indiiïnation; Barras blâmait amèrement le traité, mais du moins il en comprenait la nécessité \ Ainsi il il y eut majorité pour l'approuver, et le Directoire consentit à écrire au général Bonaparte: — ^< Nous sommes
\ . Mémoires de Carnot.