INSURRECTION DE VÉRONE
vils que dissimulés, le séuat et le gouveruement de Venise sont à genoux. »
Le gouvernement était, en effet, sans puissance et sans énergie; il était coupable des sentiments de haine que, dans un moment d'espérance frivole, il n'avait pas su cacher; il pouvait désavouer les insurrections des provinces, parce qu'il ne les avait pas ordonnées; mais il ne les avait pas réprimées , et ce n'était pas à son insu que des émissaires autrichiens et quelques nobles de Venise les avaient provoquées ; il aurait pu donner pour excuse que le désordre avait commencé par les insurrections démocratiques de Brescia et de Bergame, protégées parles Français; mais cette récrimination eût irrité le vainqueur, qui était maître de leur sort.
Une députation lui fut envoyée pour essayer de désarmer sa colère; cela n'était pas possible, car cette colère avait un but. L'indignation que l'assassinat des soldats français inspirait à leur général était sans doute un sentiment réel; mais il était employé comme moyen pour accomplir un projet : il refusa de recevoir les députés du sénat de Venise.
Lorsqu'il leur écrivit sa réponse, de déplorables événements avaient rendu la situation de Venise encore plus désespérante et procuraient un nouveau motif pour sa ruine définitive.
De toutes les provinces de la terre ferme, celle qui avait été le plus travaillée pour Tinsurrection était Vérone. Louis XVIII y avait fait longtemps son séjour. Quelques émigrés français y étaient restés après son départ. Les armées autrichiennes avaient plusieurs fois approché de la ville et y avaient des intelligences ; le