INSURRECTION DE VÉRONE
provéditeur était malveillant pour les Français et tenait au parti aristocratique de Venise.
Lorsque , au commencement de mars , Brescia et Bergame avaient fait leur insurrection démocratique , le parti opposé s'était armé à Vérone pour la réprimer ; les autorités avaient appelé des esclavons, c'est-à-dire une troupe régulière au service de la république, et la guerre avait commencé entre les deux partis.
Lorsque le général Laudon eut poussé hors du Tyrol de faibles détachements français qui y étaient restés, il entra en communication avec le provéditeur Emili.
Bientôt la ville fut en fermentation; les Français n'étaient plus en sûreté dans les rues; la garnison envoya des patrouilles dans les campagnes pour intimider et contenir les paysans; mais elle était peu nombreuse. Lorsque le général Balland, qui la commandait, s'adressait au provéditeur et aux autorités vénitiennes , on lui répondait que tout ce mouvement avait pour motif la rébellion de Brescia et de Bergame, et qu'il ne fallait pas s'étonner de voir les populations dévouées au gouvernement s'armer pour le défendre.
Les Autrichiens approchaient; les meneurs de l'insurrection comptaient sur leur secours. Le 27 avril , le lendemain de la fête de Pâques , après vêpres , le tocsin sonna. Dans la ville et dans la campagne, partout les Français furent massacrés ; des malades furent égorgés dans les hôpitaux. Le général Balland, avec la garnison, se renferma dans la citadelle et dans les forts qui entouraient Vérone; il dirigea les batteries sur la ville et la bombarda. Les autorités municipales voulurent parlementer; la furie populaire ne le leur permit pas. Un renfort de deux mille esclavons, envoyés par le