ÉLECTION DE BARÈRE ANNULÉE
Parmi tant crélections, qui témoignaient de l'esprit public et des vœux de la France entière, la nomination de Barère, par le corps électoral des Hautes-Pyrénées, fut un grand scandale. Il jouissait dans cette province reculée d'une popularité qui n'a jamais varié, et jusqu'à son dernier jour , il lui a toujours été possible d'obtenir les suffrages de ses compatriotes. 11 y a eu quelques exemples pareils : des hommes abhorrés et flétris par la France entière, reniés par tous les partis, ont iîardé invariablement la bienveillance et la faveur parmi une population rurale ou dans quelque petite ville. Leurs parents et leur ancien entourage s'inquiétaient peu de leurs opinions ; on voulait mènie ignorer leurs crimes ; ils avaient toujours été serviables ; ils étaient restés simples dans leurs manières, bienveillants dans leur accueil; aucun autre personnage dans le canton n'était devenu puissant ou important; ils y étaient restés considérables et sans rivaux; de sorte que leurs amis politiques avaient toute fiicilité ])Our réussir dans une cal)ale électorale. Lorsque l'élection deBarère fut connue, l'indignation pubhque éclata de toutes j)arts. Ce fut surtout au conseil des Cinq- Cents qu'elle fut vivement exprimée. — (( Barère, dit-on, est nonnné! » s'écriait Dumolard ; Barère! vous frémissez à ce nom ; dans toute la France (pii n'a pas à lui redemander un père, un fds, un frère, un ami? Et il siégerait au milieu de nous! et qui voudrait s'asseoir à coté de lui ?
— «Personne! criait-on; personne! »
L'orateur rappela que Barère avait du être déporté en vertu d'une loi; il demanda ]K)urquoi cette loi était restée sans exécution. — « L'anmistie ne pouvait lui être applicpiée. S'il est éligible , Collot et Billaud