ÉLECTION DE BARÈRE ANNLLÉE
peuvent revenir de Cayenne pour être élus représentants. »
Lamarque n'osa prendre la défense de Barère. C'eût été une trop grande offense au sentiment public et à la disposition de l'assemblée , mais il se montra inquiet de Texception faite à une amnistie qui, selon lui, avait dû être générale. — « Vous saviez-bien en l'accordant, disait-il, et vous ne pouviez dissimuler qu'il y a des crimes qui appartenaient, non aux individus, mais à la Révolution; vous avez reconnu que la force des
circonstances » — Cette excuse générale de tous les
crimes de la Terreur excita de vifs murmures.
— « Ce n'est pas, continua-t-il, que je veuille faire le procès de la Révolution ; je veux seulement dire que la fatalité , que la force des circonstances ont entraîné beaucoup d'hommes qui se sont laissés aller à des crimes, dont leur caractère connu ne devait pas les faire supposer coupables. » — Les murmures et les interruptions troublaient et intimidaient l'orateur.
— « Si vous attaquez des individus, la récrimination
sera facile De mon côté, je pourrai signaler tel ou
tel individu qui aura commis des actes de royalisme, de contre-révolution. » — « Nommez, )j lui criait-on. — (( Eh bien, disait-il, si un homme coupable d'avoir agi pour la contre-révolution était élu représentant, je respecterais en lui le peuple qui l'aurait choisi : dans un autre sens je réclame la même justice. )> — Puis Lamarque demanda pour les gouvernants d'un État républicain , l'inviolabilité d'un monarque constitutionnel. — « Si la constitution est respectée, n'importe quels soient les hommes appelés au gouvernement, le peuple sera heureux. »
— « On ne pouvait s'attendre, dirait Bornes, que le