‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 61 sur 152 · ASSASSINAT DE SIÉYÈS · texte numérisé non relu

ASSASSINAT DE SIÉYÈS

du 3 brumaire fût « rapportée. » La comuiission demandait qu'elle fût « abrogée. »

Comme la majorité était résolue à approuver le projet, elle jugea que cette explication était suffisante.

Le conseil des Anciens fut plus scrupuleux; Tobjection tirée du texte de la Constitution fut longuement discutée sans aucun esprit de parti, et la résolution du conseil des Cinq-Cents fut rejetée par quatre-vingttreize votants contre quatre-vingt-dix.

Pendant les derniers débats qui précédèrent la nouvelle session, un incident survint qui, à une autre époque , aurait sans doute causé plus de rumeur dans le parti révolutionnaire ^ Un nommé Poule s'était présenté chez Siéyès ; il lui avait raconté la misère dans laquelle il était tombé, et avait sollicité sa protection pour obtenir des secours du gouvernement ou le remboursement d une créance qu'il prétendait avoir. Siéyès avait répondu que, quelle que fût sa bonne volonté, il ne pouvait rien en sa faveur; alors cet homme était devenu menaçant. — « Les autres représentants à qui je me suis adressé m'ont fait la même réponse. Vous êtes tous des tyrans ; vous abusez du pouvoir que le peuple vous laisse. » — Parlant ainsi, il avait dirigé un pistolet sur Siéyès qui le détourna de sa main ; mais une balle perça le poignet et une autre effleura seulement le corps. Siéyès conserva son sang-froid, sortit de sa chambre en fermant la porte sur l'assassin , et envoya sa servante chercher la garde et un chirurgien.

Le meurtrier était provençal comme Siéyès, neveu de l'abbé Poule , prédicateur qui avait eu quelque

<. 10 avril.

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