‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 65 sur 152 · DISCUSSIONS SUR LES RELATIONS EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

DISCUSSIONS SUR LES RELATIONS EXTÉRIEURES

au gouvernement la faculté de régler l'ordre des payements et de déclarer une ordonnance plus urgente qu'une autre. L'ordre de date devait être suivi. C'est qu'il y avait eu aussi de graves abus de cette faculté laissée à l'administration.

Le lendemain, après la lecture du procès-verbal, la minorité tenta de faire annuler la décision de la veille. Leclerc, député de Maine-et-Loire, parlant au milieu de bruyants murmures , dit que cette résolution déslionorante avait été arrachée par la violence. Alors commença un vacarme désordonné et une sorte de mêlée où des députés luttèrent corps à corps. Le président Henry Larivière parvint à rétablir l'ordre; l'orateur [)ut encore faire entendre quelques paroles sur les vives inquiétudes des républicains et sur la destruction de toute espérance de la paix maintenant impossible.

L'ordre du jour termina cette scène, la plus violente qu'on eût vue depuis longtemps.

Le conseil des Anciens plus sage et plus constitutionnel rejeta la résolution ; mais les attaques contre le Directoire allaient se renouveler de jour en jour, et il fut bientôt de toute évidence que, comme il ne voulait admettre en rien l'influence de la majorité du Corps législatif, ni souffrir la réforme des lois révolutionnaires, une guerre à mort allait être engagée entre les deux j)Ouvoirs.

Le princi[)al grief de l'opinion publique et du parti oj)posé au Directoire, c'était la mauvaise volonté qu'il témoignait manifestement pour ne point faire la paix. Jusqu'alors le conseil des Cinq-Cents avait mis une louable réserve à ne s'immiscer en rien dans les né-gociations, à discuter les conditions des traités; il ne

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