‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 69 sur 152 · RÉVOLUTION A GÊNES · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION A GÊNES

teurs me répondront de la sûreté de tous les Français qui sont à Gênes, comme les Etats entiers de la république me répondront de leurs propriétés. »

Cette lettre avait été écoutée avec stupeur; les sénateurs ne songèrent point à se battre et s'empressèrent à obéir. Cette populace furieuse, que rien n'avait pu contenir, s'arrêta au nom du général Bonaparte, avant même qu'un seul soldat français fût arrivé dans la ville. Deux sénateurs conduisirent M. de Lavalette aux prisons; il y trouva des Français meurtris, dépouillés et attendant le massacre à chaque moment. Us furent délivrés et conduits jusqu'à l'hôtel de M. Faypoult par des officiers génois, accompagnant un secrétaire de la légation française, à travers le peuple étonné et immobile.

Le désarmement fut commencé et s'opéra sans résistance. Mais lorsque le ministre de France requit l'arrestation des deux inquisiteurs d'État, Spinola et Grimaldi, ainsi que du sénateur Cataneo , le Conseil retrouva quelque énergie ; il se refusa aussi à donner une constitution démocratique , comme le voulait M. Faypoult.

Alors il demanda ses passe-ports et envoya un rapport au général Bonaparte. La menace de son départ rendit au gouvernement génois toute sa frayeur. D'ailleurs, il y avait, même dans le sénat, un parti qui, jugeant qu'une réforme de la constitution était nécessaire, croyait qu'elle serait plus raisonnable et plus mesurée, si elle était rédigée sous la protection du général Bonaparte , que si elle était imposée par la faction démocratique. En outre, le parti absolu de Taristocratie avait cherché ses défenseurs dans une populace désordonnée et sauvage, et tous les gens de bien lui en savaient mauvais gré.

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