‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 71 sur 152 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Le Cercle constitutionnel et la réunion de Clichy. — Discours de Dumolard. — Lettres du général Bonaparte. — Adresses de l'armée d'Italie. — Nouvelles discussions sur les émigrés. — Discussion sur les prêtres. — Craintes d'un coup d'État. — Changement de ministres.

— Marche des troupes vers Paris. — Rapport de Pichegru sur la garde nationale. — Discussion sur la marche des troupes. — Le Directoire ajourne ses projets. — État des partis. — Discussion aux Cinq-Cents. — Intervention du général Bonaparte. — Arrestation du comte d'Entraigues. — Mission de M. de La Valette. — Augereau commande l'armée de l'intérieur. — Message du Directoire. — Rapport de Thibaudeau. — Projets de défense contre le Directoire.

— Pamphlet de Bailleul. — Détermination du Directoire. — Journée du 18 fructidor. — Message du Directoire. — Résolution du conseil des Cinq-Cents. — Délibération du conseil des Anciens. — Proscription des journalistes. — Élection de deux directeurs. — État de l'opinion publique. — Déportation des proscrits.

L'espérance d'une paix prochaine, qui avait répandu tant de joie, ne se réalisait point : il paraissait évident qu'on y devait renoncer et que la conduite du gouvernement la rendait impossible. Ce qui se passait en Italie ne pouvait , disait-on , se concilier avec une pacification qui , si elle était destinée à être réelle et durable , devait avoir pour caractère le rétablissement de Tordre en Europe comme en France. Dès le premier moment où il avait été question d'établir des républiques nouvelles, et d'anéantir des souverainetés existantes, le parti modéré s'était inquiété de cet usage de la victoire.

t270 LA RÉIMON I)E CLICHY.

Mettre un terme à la Revoluliou qui continuait à troubler la France, qui la tenait dans une situation provisoire et hasardeuse, était une tâche déjà si difficile : pourquoi donc porter des révolutions au dehors? Pourquoi cette prétention de renouveler l'Europe et démontrer la France comme incompatible avec l'ancien ordre de choses? N'était-ce pas dire qu'elle serait toujours en guerre avec les États, tant qu'ils n'auraient pas été conquis et reconstitués par le conquérant?

Si de telles réflexions s'étaient déjà ]>roduites lorsque les républiques cispadane et transpadane avaient apparu comme premier résultat du triomphe de nos armées, combien plus devait-on s'afTliger de la subversion de Venise et de Gênes , de cette démocratie qui leur était imposée par les insurrections de la populace; qui était suscitée par nos agents, appuyée par la force de nos armes.

(-e nouveau thème de discussions allait s'ajouter aux causes de discorde qui chaque jour, dans le Corps législatif, dans la presse ])ériodique, dans Tintérieur même du gouvernement, entretenaient une lutte de plus en plus animée. Depuis (jue le nouveau tiers était entré au conseil des Cinq-Cents une guerre acharnée était déclarée entre les deux partis; les révolutionnaires avaient fini ])ar se })ersuader, à force de le répéter, que leur existence politique, leur position sociale, et même leur sécurité personnelle étaient menacées par une allVeuse réaction, par une restauration monarchique, par la renti'ée des émigrés, ])ar le fanatisme des prêtres. Ainsi ils combattaient avec la véhénuMU'C du désespoir. Pour les rassurer, il ne fallait ])as moins qu'un retour du régime de la Terreur. 11 n'y avait pas un ar-

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