‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 80 sur 152 · CHANGEMENT DE MINISTRES · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE MINISTRES

contre les dénonciations des Jacol)ins, était plus signilicative encore. Le souvenir du 21 janvier, où il avait eu le malheur de voter avec ceux qui le renvoyaient, ne pouvait l'excuser auprès d'eux d'avoir su gagner la (Confiance bienveillante des honnêtes gens. Bénézech n'était pas moins regretté; administrateur probe, exact, accueillant pour tous ceux qui avaient affaire à lui, la population parisienne lui conservait beaucoup de reconnaissance pour tous les soins qu'il avait pris afin de la sauver de la famine.

Le choix de M. de Talleyrand était généralement approuvé. Depuis son retour d'Amérique, il ne s'était attaché à aucun parti , et n'avait manifesté aucune opinion. 11 était compatible avec la majorité du Directoire et n'inspirait point de méfiance à la majorité du C.orps législatif. On ne doutait point de son habileté, et l'on espérait que mieux que tout autre il réussirait à faire la paix.

En appelant le général Hoche au ministère de la guerre, le Directoire s'était proposé de lui confier l'exécution du coup d'Etat, dont, après avoir eu longtemps la pensée, il avait maintenant la volonté. Parmi les hommes éminents dans les armées, aucun n'était plus disposé à se charger de cette mission : il ])artageait laversion des révolutionnaires pour le parti modéré, ('omme eux , il voyait dans son Iriomphe la contrerévolution et la réaction royaliste. Le danger lui ])alaissait actuel, et lui-même aurait pressé le Directoire (le sauver la Républiquie menacée. Une vieille haine contre Pichegru ajoutait encore à son ardeur pour écraser la faction qui l'avait pris pour chef.

Ses moyens étaient tout ])réts. Il avait proposé de tenter une nouvelle ex])édition en Ii'lande et le Direc-

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