EXÉCUTION DES LOIS CONTRE LES ÉMIGRÉS
nés à la peine de mort , trente-six aux travaux forcés , treize à la réclusion; sept à la détention; deux à l'emprisonnement; un à la dégradation civique.
Il existait des lois pénales, des tribunaux pour les appliquer, une police pour prévenir les crimes ou en rechercher les auteurs ; mais le service de la gendarmerie avait presque cessé; elle était désorganisée; on ne lui avait point payé sa solde; on ne s'était point enquis si les brigades étaient complètes et si elles faisaient bien leur devoir. C'est ce qu'expliquait au conseil des Cinq- Cents, le 7 novembre 1796, Richard, dans un rapport où il faisait une peinture effrayante du désordre qui troublait la sécurité publique dans tous les départements de la République. « Le premier devoir du gouvernement, disait-il , comme son premier intérêt, est de pourvoir à la stireté des citoyens, à la conservation des propriétés publiques et particulières. »
La conclusion de ce rapport était un projet de loi sur la gendarmerie, ou plutôt une injonction au Directoire de remettre l'ordre dans cette arme si essentielle à la paix publique. La résolution du conseil des Cinq-Cents ne devint une loi que deux mois après.
Les gouvernants révolutionnaires qui portaient si peu de soin et d'attention à la police de sûreté, en étaient distraits par leur préoccupation de la police politique. Celle-là avait souvent des retours de zèle; à une époque où rien ne semblait menacer d'un retour aux mesures de sanguinaire rigueur, lorsqu'on avait perdu l'habitude de l'échafaud politique, Paris fut tristement étonné, le 25 novembre 1796, d'apprendre que, la veille, un émigré avait été amené devant le tribunal criminel qui , conformément à la législation ,