‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 95 sur 152 · RAPPORT DE THIBAUDEAU · texte numérisé non relu

RAPPORT DE THIBAUDEAU

ce parti, puisque les modérés ne voulaient pas la lui donner. M. Benjamin Constant n'hésitait point sur cette nécessité. 11 y eut quelques pourparlers entre ces auxiliaires zélés des réyolutionnaires et les représentants les plus conciliants de la majorité; rien de salutaire n'en pouvait résulter. Car les uns n'étaient point autorisés à laisser espérer que le Directoire consentirait à une concession quelconque; les autres ne ])ouvaient se résoudre à passer sous un joug honteux sans obtenir aucune garantie. D'ailleurs M. Constant et les personnes qui croyaient agir ou parler dans l'intérêt de la liberté, sans voir qu'il s'agissait seulement de maintenir le despotisme révohitionnaire , n'étaient point dans les secrets du Directoire. Ils n'avaient pas sa confiance; dans leur aveuglement, ils ignoraient quelles résolutions il avait prises et quel usage il prétendait faire de la victoire.

La commission chargée d'examiner le message aiïressif du Directoire avait une mission importante : il s'agissait de savoir comment le Corps législatif répondrait à cette déclaration de guerre. Tliil)audeau avait été nommé rapporteur. On ne pouvait le soupçonner d'être royaliste, ni antirévolutionnaire; il se défendit de toute complaisance pour les exagérés de Clichy et de toute condescendance pour les am-is du Directoire ; il montra en cette occasion la fermeté courageuse dont plus d'une ibis il avait fait preuve.

Son rapport traitait des griefs que le Directoire alléguait contre le Corps législatif. Le général Richepanse avait fini par accepter la responsabilité de la marche des troupes qui avaient transgressé la limite constitutionnelle; c'était lui qui avait doniu'^ l'ordre; son excuso

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