‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 99 sur 152 · PROJETS DE DÉFENSE CONTRE LE DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

PROJETS DE DÉFENSE CONTRE LE DIRECTOIRE

Le général Dumas, sans laisser soupçonner à Pichegru qu'il savait son secret, avait plus d'une fois essayé (le pénétrer quels pouvaient être ses desseins , ses espérances ; mais Pichegru était un homme si réservé, si taciturne et indécliifîraLle, qu'il ne put tirer de lui autre chose que des assurances d'une parfaite conformité d'opinion avec les modérés et de sa conviction qu'il fallait songer seulement à obtenir des réformes dans la législation révolutionnaire. Dumas resta persuadé que Pichegru n'avait en ce moment aucun plan arrêté ; que depuis qu'il ne commandait plus une armée, il n'entrevoyait aucune chance de tenir les promesses faites aux princes émigrés, et qu'il était même embarrassé de se montrer à leurs partisans si prudent et si peu disposé à agir. En effet, sa conduite, depuis le commencement de cette intrigue, avait toujours été celle d'un homme qui ne veut rien risquer sans être assuré du succès. Ce fut aussi le jugement qu'en porta Carnot, qui n'avait que des soupçons. 11 le vit quelquefois sans pouvoir entamer une conversation avec lui, et presque au dernier moment Pichegru lui fit dire : — (( Que faut-il que je fasse pour prouver que je n'abandonne pas les patriotes ? » — Les royalistes et les adversaires ardents du Directoire n'avaient donc nul espoir à placer sur Pichegru : il ne montra aucun empressement à accepter les propositions de quelques chouans qui le pressaient d'accueillir leur dévouement et leur témérité.

Lorsque le respect des lois et des législateurs élus par le [)euple n'était pas un obstacle aux violences que le Directoire était déterminé à exercer; lorsque l'opinion ])ublique, loin de l'intimider, augmentait son

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