‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 127 sur 141 · RETRAITE DE L* ARMÉE DE SAMRRE -ET -MEUSE · texte numérisé non relu

RETRAITE DE L* ARMÉE DE SAMRRE -ET -MEUSE

nant la rive gauche et prit position sur le Lech. I^ campagne semblait perdue pour les Autrichiens.

Le général Moreau s'arrêta plusieurs jours sur le champ de bataille de Neresheim , puis marcha sur Donauwerth : il ne fit rien pour opérer sa jonction avec l'armée de Sambre-et-Meuse. L'archiduc jugea par cette hésitation et cette lenteur, qu'il lui serait encore passible de s'opposer à la réunion des deux armées. Il laissa le général Latour sur le Lech, avec une force suflisante pour retarder les mouvements de l'armée du Rhin, passa le Danube avec trente mille hommes et le 22 août, il attaqua l'avant- garde que commandait le général Bernadette, le repoussa jusqu'à Nuremberg, puis jusqu'à Forsheim. Le général VVartensleben , qui avait continué à se retirer devant l'armée de Jourdan jusqu'à la Naab , se mit aussitôt en mouvement.

L'armée de Sambre-et-Meuse se trouva attaquée en front par Wartensleben , en arrière par l'archiduc; la retraite était devenue difficile ; les communications des grandes routes étaient coupées; il fallut marcher à travers les montagnes par des chemins impraticables aux voitures. L'artillerie et les charrois furent mis en désarroi; le découragement et l'indiscipline envahirent Tarmée. Le général Jourdan eut chaque jour la pensée de risquer un retour oCTensif ; mais la rapidité des mouvements de l'archiduc , mais la crainte de se trouver enveloppé par des corps ennemis qui le devanceraient en prenant des routes meilleures , ne permirent pas de tenter ce moyen désespéré ; le désordre croissait de moment en moment. Enfin le 21 août, après trois jours de marches forcées , l'armée pénétra à la baïonnette

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dans la ville de Schweiofurth , où il lui fut possible de prendre quelque repos.

Jourdan se remit en route le 2 septembre, et le 3 il arriva devant Wurtzbourg, où une faible garnison française était dans la citadelle, déjà bloquée par deux divisions autrichiennes. Il résolut alors de livrer bataille et attaqua Tarchiduc ; Kray et Wartensleben arrivèrent pendant le combat. Les Autrichiens avaient cinquante mille hommes. Les Français étaient trente mille; ils furent vaincus, et Jourdan, avec les restes d'une armée fatiguée et découragée, parvint le 10 septembre à Wetzlar sur la Lahn ; il avait laissé la division Lefebvre à Schweinfurth.

Les fausses combinaisons de cette campagne, la division des forces françaises en deux armées, Tobéissance trop passive aux instructions du Directoire, avaient exposé le général Jourdan à être, depuis le 22 août, aux prises avec une armée de soixante-huit mille hommes, lorsqu'il n'en avait que quarante-quatre. Il retrouva la division Marceau et reçut dix mille hommes de renfort venant de Tarmée de Hollande ; la division Lefebvre avait pu le rejoindre. Il se trouvait supérieur en nombre à l'ennemi, peut-être aurait-il pu reprendre loffensive; il se laissa prévenir et repassa le Rhin. Kléber avait été mis hors d'activité pour insubordination. Le jeune et vaillant Marceau , qui semblait destiné à devenir un général distingué, fut tué au combat d'Altenkirchen, et ses funérailles furent honorées par la douleur de ses soldats et les hommages des ennemis.

L'opinion publique , sans s'informer si les circonstances Ji'étaient pas pour beaucoup dans le malheur du vainqueur de Fleurus, s'éleva contre lui ; le Directoire lui retira le commandement de l'armée et lui

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donna pour successeur le général Beurnonville , dont la réputation de bravoure était incontestée , mais à qui les militaires ne reconnaissaient point la capacité nécessaire pour être chef d'une armée.

L'armée du Rhin passa sur la rive droite du Danube presque en même temps que Tarchiduc retournait sur la rive gauche pour combattre Jourdan avec des forces supérieures. Il avait la certitude à peu près complète que Moreau ne porterait aucun secours à l'armée de Sambre-et-Meuse. En effet, le général français ne vit dans ce mouvement des Autrichiens qu'une facilité plus grande de s'avancer en Bavière, sans qu'il fût possible au général Latour de s'y opposer efficacement ; il essaya de défendre le passage du Lech et y perdit dix-sept pièces de canon et quinze cents prisonniers ; il se retira sur Tlser, protégeant encore Munich et Ratisbonne.

Moreau procédait avec sa prudente lenteur; il avait passé le Lech le 24 septembre ; le 7 octobre il se porta en avant et occupa Munich, après avoir forcé le passage de riller.

II était difficile de songer à s'avancer plus loin en Allemagne , tandis que l'archiduc contraignait l'armée de Sambre-et-Meuse à une retraite précipitée vers le Rhin. Moreau demeura longtemps indécis', espérant d'abord que Jourdan pourrait arrêter la marche des Autrichiens et que leur entreprise aurait une issue favorable aux armes françaises. Puis il se dissimula l'étendue du mal et pensa que les rapports autrichiens étaient inexacts et exagérés. Enfin le 1 0, il se décida à

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