‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 128 sur 141 · Mémoires du maréchal de SaintrCyr · texte numérisé non relu

Mémoires du maréchal de SaintrCyr

RETRAITE DE l'aRMÉE DU RHIN. 337

faire passer le Danube à un détachement de douze mille hommes sous les ordres de Desaix; en même temps, il se replia sur les positions qu'il avait occupées huit jours auparavant'. 11 y fut attaqué, mais les Autrichiens furent repoussés. Desaix était déjà parvenu jusqu a Eichstadt. Le général Moreau sut alors que Tarmée de Jourdan était à quatre-vingts lieues de l'armée du Rhin et qu'elle allait repasser sur la rive gauche. 11 était impossible de lui porter secours, mais il } avait peut-être des chances pour tirer grand avantage de la position où l'on se trouvait relativement à Tarmée de l'archiduc : c'était l'opinion de quelques-uns des généraux de l'armée de Moreau. Un ordre du Directoire, donné sans doute avant de connaître tous les désastres de Jourdan , prescrivait de marcher sur Wurtzbourg. Le général Moreau crut qu'il ue devait pas s'y conformer; il rappela le corps de Desaix et se prépara à ramener son armée à travers les diflicultés et les périls qu'il prévoyait. Une circonstance dont il fut informé à ce moment contribua à sa détermination.

Il avait laissé sous les ordres du général Scherb un faible détachement de deux mille huit cents hommes pour observer plutôt que pour contenir la garnison de Manheim et Philipsbourg. Dès que l'archiduc fut parvenu jusqu'à Wetzlar, terme de la retraite de Jourdan, il avait ordonné qu'une colonne tirée de ces garnisons attaquerait la tête du pont de Relh qui était à peine en état de défense. Scherb fut prévenu à temps et s'y enferma ; avec le secours de la garde nationale de Strasbourg , il repoussa l'ennemi qui était en force quadruple et lui tua beaucoup de monde. Ce n'en était pas moins un

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