NÉGOCIATIONS AVEC LE PAPE
leppi, envoyé du souverain pontife. Le Pape était déjà résigné à subir les exigences du vainqueur qui ne touchaient qu'à son pouvoir temporel; mais les conditions n'étaient pas seulement politiques; le Directoire, à une époque où la République ne reconnaissait d'existence légale à aucun culte , ôii il avait déclaré que la constitution civile du clergé décrétée par l'Assemblée constituante n'existait plus, imposait au Pape l'obligation de révoquer tous les brefs par lesquels cet acte avait été condamné comme une usurpation sur l'Église et une révolte contre son autorité spirituelle. Un autre article exigeait que l'inquisition fût abolie à Rome, la conTondant apparemment avec l'inquisition d'Espagne. C'était en outre s'immiscer à l'exercice du pouvoir souverain dans un État indépendant.
Ces articles furent communiqués au sacré collège, qui déclara que ni la religion , ni la bonne foi ne permettaient d'accepter ces conditions. Les commissaires du Directoire avaient signifié que les articles devaient être acceptés ou refusés dans leur entier, et qu'il n'était accordé que six jours pour répondre. La communication avait été faite le 9 septembre, la réponse fut donnée le 12.
Ainsi , toute négociation sembla rompue. La cour de Rome en jugea ainsi ; la proposition d'un pareil traité lui sembla la preuve évidente que le gouvernement de la République française avait résolu d'anéantir, nonseulement la souveraineté temporelle du Pape, mais aussi d'abolir son pouvoir spirituel. Dès lors, les principaux conseillers du saint-père et l'aristocratie ecclésiastique et laïque de Rome ne pensèrent qu'à sauver la religion et l'État , en se ralliant à l'Autriche ; ils se