PREMIÈRES SÉANCES DES CONSEILS
accusation; je ne pense pas qu'on puisse annuler cet acte de juste rigueur. »
M. de Pontécoulant répliqua sévèrement : « Le préopinant pouvait nous épargner une telle déclaration ; il aurait du reconnaître que ce moyen est impuissant désormais dans cette assemblée. Je ne ramasserai pas le brandon de discorde qu'il essaye de jeter parmi nous. » La mise en liberté fut décrétée et motivée sur les dispositions de la constitution.
La loi du 3 brumaire , rendue au dernier moment de la Convention , excluait des fonctions publiques les parents d'émigrés et les citoyens qui avaient pris part aux événements de vendémiaire. FayoUe, un ancien conventionnel modéré, proposa d'abroger celte disposition qui lui semblait aussi contraire à la constitution. La question préalable repoussa cette demande. L'auteur de la proposition avait devancé la marche d'une opinion qui ne devait prévaloir que plus tard dans le corps législatif. Les assemblées nouvelles ont souvent besoin de quelque délai pour reconnaître ce qu'elles veulent et ce qu'elles peuvent.
A ce premier commencement, aucune mauvaise volonté, aucune méfiance ne se manifestait donc contre le Directoire, Les nouveaux, comme les anciens députés, se seraient fait scrupule d'entraver sa marche, de lui ôter la confiance publique. Une preuve importante de cette disposition lui fut donnée. Les événements de vendémiaire avaient apporté quelque trouble dans les opérations des collèges électoraux ; elles avaient été presque partout précipitées et incomplètes. La Conven-. tion s'était hâtée d'en proclamer les résultats avant même que les procès-verbaux lui eussent été envoyés , et Ton aurait pu contester plus d'une élection de dé-